Peter Kaaden[DEU]

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14.01.2020

Chronique

par Juliette Mantelet

Choquer ou ne pas choquer. Peter s’en fiche. Il fait ce qui lui plaît. Et livre en images une autre vision du nu. Libre, banal, honnête. « Pourquoi pas, vivre tout nu » chantait Miel de Montagne. On est surs que Peter approuverait.

VIVRE TOUT NU 

Dans l’univers de Peter on retrouve une touche très mode, même sans vêtement. Le côté léché et esthétique de ses clichés. La présence de modèles qui posent le regard braqué sur la caméra. Ça lui vient probablement de sa mère, styliste de mode. Peter raconte avoir littéralement passé son enfance dans les studios photo.

Son intérêt et sa fascination, affirme-t-il, ne se trouvent pas dans la nudité mais dans l’honnêteté. Le photographe défend que les images de gens nus sont bien plus réalistes que celles où les modèles sont habillés de fringues de haute couture, qu’ils ne porteront jamais dans la vraie vie. Alors qu’être nu, « tout le monde le fait tous les jours ». Aux yeux du photographes, son travail n’est jamais sexy, vulgaire ou pornographique, il est juste naturel.

Dans sa série « Naaked », une anagramme de Kaaden, sorte de clin d’œil à son chanteur fétiche Jim Morrison, accro à ces jeux de mots, Peter explore « ce que l’on ne voit pas généralement ». Il va plus loin que jamais et dépasse même le concept du gros plan. Plus de censure aucune ou de bienséance. Peter est si collé au corps que l’on ne sait plus ce que l’on regarde. Et il met en lumière des parties du corps souvent peu célébrées ou considérées. Les bourrelets, les pores, les poils… Sa caméra est chirurgicale. Nos yeux sont incapables de se concentrer et de mettre au point. Homme ou femme, ça n’a plus d’importance, c’est le corps humain pris de manière frontale, explicite, dégoulinante, sans tabou de genre ou de race. Nous sommes tous de la même espèce, faits de chair, de poils et de peau, semble vouloir dire le photographe.