Sabrina Casadei[ITA]

  • Peinture
  • La chronique
Envie de créer un projet avec cet artiste ?
Contactez-nous
19.07.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Un mystère fascinant règne autour des toiles de Sabrina Casadei. Cette artiste peintre italienne, née à Rome, la ville éternelle, où elle vit et travaille, cultive cette étrangeté, aimant rester vague et évasive quand elle décrit son travail. Si ses peintures sont difficiles à appréhender au premier regard, elles attirent irrémédiablement par leurs teintes brillantes, lumineuses et ce bleu électrique, couleur préférée de la peintre, qui décore d’ailleurs sa chambre. Nous avons été interpelées par son univers lors de Art Paris Art Fair et avons eu envie d’en savoir plus, pour tenter de percer le mystère Sabrina.

LE MYSTèRE SABRINA

L’art de Sabrina se contemple, avant de se comprendre. Il faut se laisser séduire par ces méli-mélo superbes de teintes ultra lumineuses, presque scintillantes, se perdre dans l’admiration de ces labyrinthes de couleurs, laisser venir les émotions spontanées. Sur la toile, à l’aide de matériaux originaux et inattendus, comme de l’huile de moteur, du bitume, des pigments métalliques, l’artiste vient tracer des mouvements circulaires envoûtants. C’est un cheminement coloré, des milliers de traits et de détails, sans aucun contour précis. Poétiquement, Sabrina décrit ses œuvres comme « un champ de bataille », où un combat subjuguant s’exerce entre le vide, les formes, les couleurs… Sabrina offre une autre expérience de l’art, résolument moderne, où l’on ne doit pas chercher à tout saisir mais plutôt à ressentir, au cours d’une expérience très personnelle. Cette démarche artistique rappelle celle mise en place par le très moderne musée d’art contemporain de Londres, la Tate, où le visiteur est invité avant tout à faire attention aux couleurs, aux matières, ou encore à analyser sa première réaction spontanée face aux toiles…

Sabrina peint « des chocs d’éléments évoquant des lieux inconnus ». Le paysage, source d’inspiration inépuisable des artistes, représenté au fil des siècles de manière de plus en plus abstraite. Les paysages deviennent, comme chez Éléonore Deshayes ou Paul de Flers, des paysages intérieurs et flottants, réinventés par la mémoire. Sabrina, elle, parle de dialogue sans fin avec le monde extérieur, invitant à être à l’écoute, à avoir le regard pénétrant et à libérer sa vision. Par sa pratique artistique, elle désire « atteindre la partie la plus éloignée du monde ». Elle retrace en peinture son expérience en Islande, à Skagaströnd, un tout petit village à l’autre monde du monde, près du Pôle Nord. Elle regarde puis filtre les paysages, c’est son processus d’abstraction. Elle cherche à faire disparaître les frontières géographiques, à perdre ses repères. Et elle emmène le spectateur avec elle, elle évolue avec lui au cœur de ses mystérieux paysages colorés où les sentiments grandissent.