Nick Prideaux[AUS]

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16.07.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Nick Prideaux, photographe australien installé à Paris, n’a qu’une envie : extraire le beau de la vie quotidienne. Il se serait sûrement bien entendu avec un poète comme Baudelaire et ses Fleurs du Mal. Il immortalise avec sa caméra argentique la vie quotidienne dans des teintes oniriques allant du rose au bleu, séduit par la splendeur d’une ombre sur un mur, d’un rayon de soleil sur un corps, d’un reflet étincelant sur l’eau. Nick voyage beaucoup, entre Melbourne, la France, l’Asie… Où qu’il aille, il immortalise l’essence des lieux et leur quotidien avec une part de rêve et de mystère.

WELCOME TO WONDERLAND

Pénétrer dans les images de Nick Prideaux, c’est comme plonger dans un rêve. Un rêve parmi les plus beaux et les plus doux que l’on puisse faire. Ces rêves magiques, composés de flash lumineux, où les scènes apparaissent sublimées, terriblement romantiques et sensuelles, et où les lumières sont à la fois douces et éblouissantes d’intensité. Les photographies de Nick sont flottantes, dépourvues de lieu précis ou de temps défini, exactement comme dans un songe. Elles sont habitées par une lumière captivante et une beauté subtile. Qui aurait cru qu’un rayon tombant sur le bas d’un rideau pouvait posséder tant de charme ? Le soleil, suggéré par les ombres dorées, réchauffe et amène cette nostalgie de l’été et de la chaleur de l’astre sur nos corps. Nick fait partie de ces photographes solaires et minimalistes que nous adorons, comme Diane Sagnier, Nerea Garro, Mònica Figueras, capables de nous donner le frisson avec une ombre. Il se dit très inspiré par la photographe Lina Scheynius, dont le monde imagé est littéralement habité par la lumière et la grâce, et raconte avoir pleuré à Paris devant la dernière rétrospective Ren Hang, avec qui il partage une passion pour l’étrangeté.

Le mot « dreamy » semble avoir été inventé pour décrire l’univers atmosphérique de Nick. Amoureux de la pellicule, l’artiste ne shoote qu’à l’argentique, qui lui permet d’atteindre cette intensité dans les lumières et les reflets, sujets véritables de son travail. Il recherche « les éclats de lumière naturelle », les traque jusqu’à ce qu’ils soient parfaits. Il aime la lenteur du film, « l’excitation nerveuse » de voir le résultat enfin développé. Il évoque le mystère et la romance inhérents à la photographie argentique, mots décrivant à merveille son univers, magique.

VISUAL STORYTELLER

Au-delà de photographe, Nick se décrit surtout comme un « visual storyteller ». Son travail, pour lui, est composé « de réflexions intimes et fugaces nichées sous le poids des minuties quotidiennes ». Il veut que ses images reflètent « la pleine conscience », « le présent ». Il conçoit la caméra uniquement comme le biais technique lui permettant de capturer les petits détails du quotidien, à travers une histoire visuelle et esthétique. « Je pense qu’à notre époque où il y a tant de bruits, c’est bien de pouvoir tout ralentir et de chercher la beauté dans les détails », écrit-il avec beaucoup de poésie. Nick voyage beaucoup et retrace aussi en images ses découvertes. Il a vécu en Asie, où il fut captivé par la métropole labyrinthique de Tokyo ou par la palette de couleurs vibrante de Bangkok. C’est dans cette ville qu’il a attrapé ces tons roses et bleus très « dreamy », caractéristiques de son style. Il défend avec passion l’importance des lieux et du voyage, et conclue superbement : « Il s’agit simplement de prendre conscience de votre environnement et d’essayer de documenter ce petit peu de magie dont vous êtes témoin ». Rêvez, où que vous soyez.