Nerea Garro[ESP]

  • Photographie
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11.06.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Nerea Garro est la photographe de l’été, de la mer et des éléments naturels. Sa photographie vacille entre l’eau, le soleil et l’humain. Son travail rappelle celui de Mònica Figueras, espagnole elle aussi, et confirme notre impression que les photographes du pays de Dalí semblent mieux que quiconque savoir immortaliser la vie et son essence solaire. Nerea vient de Bilbao, sur la côte Basque, et ne cesse de se rendre aux Canaries, pour être le plus possible en contact avec la mer et le soleil, ces éléments essentiels à son art, et pour retrouver ce sentiment merveilleux de l’été qu’elle transmet en images.

LE SONGE D’UN JOUR D’ÉTÉ

L’art de Nerea Garro est purement esthétique. La jeune photographe ne cherche pas à intellectualiser ses images ou à transmettre un message précis. Ce qu’elle aime dans la photographie c’est simplement transformer « une action d’une seconde en un élément à regarder à l’infini ». Capter le beau pour pouvoir y revenir et se faire du bien. Elle évoque poétiquement des moments qu’elle a envie de « prendre avec elle ». Son objectif est donc avant tout la recherche de l’esthétique. Elle souhaite produire des images belles qu’elle voudra regarder encore et encore. Elle se fait par exemple la photographe des textures intéressantes, photographiant en gros plan la peau laiteuse d’une femme, la surface mouvante de l’eau, le sable lisse, ou les chevelures féminines. Elle est aussi sensible aux architectures géométriques, plaisantes pour les yeux. Elle souligne leurs compositions parfaites en prenant le bon angle, comme avec ces sièges vert menthe d’un stade en rang d’oignon ou les murs roses cubiques d’un bâtiment étonnant en arrière-plan.

Fille de la côte, Nerea est passionnée par la mer et surtout par la lumière si particulière qui accompagne toujours les flots et rend ses clichés captivants. Cette lumière changeante que l’on n’obtient que sur la côte et qui donne aux vagues des infinies variations de couleurs, fascinantes à photographier. L’eau brille sous les rayons du soleil couchant, elle devient turquoise éclatant en plein soleil et tire vers le gris par un jour nuageux. Ces lumières procurent aux clichés de la photographe espagnole une atmosphère très romantique. On le ressent sans vraiment pouvoir l’analyser. Nerea, elle, l’explique de manière très simple : c’est son amoureux qui lui a fait découvrir les Canaries et cet amour se ressent donc à la caméra. Son art constitue une plongée dans un songe éblouissant, le rêve comme on les représente dans certains films, plein de lumières. Ses images sont impossibles à dater ou même à situer. Il s’agit simplement de gros plans, d’éléments détachés de leurs contextes, immortalisés pour leur seule grâce et cette intemporalité renforce alors l’imaginaire. On part vers un ailleurs hors du temps mais terriblement beau. Cette jeune fille aux longs cheveux blonds pourrait être une Alice nous entraînant dans le conte imagé et solaire de Nerea.