Sacrée Frangine[FRA]

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09.09.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Comme leur pseudonyme l’indique, malgré l’absence des marques du pluriel, Sacrée Frangine est un duo de créatives, un duo d’amies. Deux parisiennes, Célia et Aline, proches d’artistes comme les sœurs Sorlet, dont l’univers est peuplé de fruits, de femmes et de couples.

LA VIE EN DOUBLE

L’histoire de Sacrée Frangine nous a particulièrement plu. Célia et Aline sont amies d’enfance, elles se connaissent depuis toujours ou quasi. Elles ont grandi côté à côté, ont écrit des chansons à l’école primaire, designé un Skyblog au collège… Comme des soeurs. D’où leur nom d’artistes, une évidence à trouver. Après un parcours similaire en école de communication visuelle, et plusieurs années dans des postes de directrices artistiques au sein d’agences de design parisiennes, elles ont ressenti le même besoin vital de « s’exprimer davantage créativement », et surtout « de sortir du carcan des boîtes de design ». Sacrée Frangine n’est en fait que le prolongement de leur amitié sans faille. Elles célèbrent d’ailleurs en illustration l’entraide, le vivre ensemble, la solidarité…

Leurs illustrations, réalisées en commun, chacune y ajoutant sa personal touch (idée, dessin, couleur), posent à nouveau la question des formes et des couleurs. Les visages sont composés uniquement de l’ovale de la forme, sans yeux, bouche ou aucun autre trait précis. Comme si notre génération était déjà trop exposée sur les réseaux et que l’on avait besoin, en illustration en tout cas, de flouter, de redonner sa place à l’imagination… Célia et Aline parlent d’une manière de dessiner « holistique », s’intéressant à l’objet dans sa globalité. Elles expliquent : « On dessine de larges aplats colorés sans entrer dans le détail et on omet volontairement certains éléments pour laisser nos personnages s’incarner dans leur globalité sans chercher à représenter un individu en particulier ». Un retour au global avant la mise en avant individuelle qui fait du bien. Comme beaucoup d’artistes, leur plus grande inspiration est Matisse, dont elles admirent les travaux tardifs de papiers découpés et de collages. Un travail de composition qu’elles reprennent avec leurs formes qui se détachent sur fond uni, créant scènes et des personnages, sans perspective ou variété de plans.

LA DOUCE VIE

Un art schématique et simplifié, sur fond uni coloré, pour exprimer la beauté des choses du quotidien, les relations… « La douce vie », décrivent-elles sur leur compte Instagram. En exprimant la vie de tous les jours, elles estiment pouvoir toucher plus facilement les autres : « Nos sujets sont très simples, et donc accessibles à tous ». C’est l’essor du minimaliste, un désir de simplification dont on ne se lasse pas, permettant pour les deux amies « de capturer l’essentiel tout en laissant place à l’imagination, d’emmener les gens dans un univers, tout en leur offrant la possibilité de créer le leur ». Un style minimal pour exprimer des choses très simples. Les couleurs des sacrées frangines sont douces, gorgées de soleil, comme la peau des pêches qui peuplent leurs illustrations par leur couleur. Une seule teinte peut décidément transmettre beaucoup.