Julie Oona[FRA]

  • Photographie
  • La chronique
Envie de créer un projet avec cet artiste ?
Contactez-nous
09.03.2022

Chronique

par Julie Le Minor

Julie Oona, portrait de cœur

Julie Oona nous entraîne dans son univers coloré et pop. Rencontre par un samedi après-midi ensoleillé où le printemps semble pointer pour la première fois le bout de son nez.

Sur le profil Instagram de Julie Oona, on tape la pose. Des têtes au carré, des visages connus, des anonymes, des chanteurs, des danseurs, des charmeurs. On crâne, on fait la moue, on regarde ailleurs dans un florilèges de couleurs, de mood et de postures où le sujet crève l’écran. Pour la photographe et réalisatrice, le portrait a toujours été une évidence. Élevée par une mère, photographe, et un père, musicien, Julie est née avec un appareil photo dans les mains. « J’ai toujours shooté mes potes et mes proches depuis toute petite. Puis au fil des années, j’ai commencé à prendre les gens que je rencontrais en soirée ou chez des amis. Très vite, j’ai commencé à photographier le monde de la musique. Tout s’est fait très naturellement en fonction de mes goûts et de mes rencontres », confie l’artiste.

Chaque portrait est comme un nouveau décor

Julie a le flash instinctif, celui qui relie les gens entre eux. Même de l’autre côté de l’objectif, elle crée du liant avec ses sujets. Ses sujets, parlons-en. Ils s’appellent Jacques, L’Impératrice, Lomepal et sont souvent issus de la nouvelle scène musicale française. « Mais je ne m’intéresse pas qu’aux musiciens », souligne la jeune femme. « Je choisis davantage des personnalités, des expressions. Parfois, c’est juste un feeling. » Chaque portrait est comme un nouveau décor, un nouvel univers où tout se joue autour du personnage principal, le seul et vrai sujet de la photo. « Je m’imprègne des personnes que je shoote. La plupart ont un univers pop très marqué. Le décor est secondaire, souvent simple, mais à l’avenir, j’aimerais travailler davantage la scénographie de mes shootings. »

LOMEPAL HABILLÉ DE MAUVE DEVANT UN RIDEAU MAUVE

Comme Céline Van Heel, à qui nous avons croqué le portrait la semaine dernière, Julie avoue : « Je fonctionne à la color therapy. La couleur est essentielle dans mes images. » Pourtant, la photographe a grandi au milieu des clichés noir et blanc qui ont longtemps ponctué son imaginaire. « J’ai un côté old school, j’ai toujours été fascinée par le noir et blanc et le grand angle, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai commencé. Plus jeune, mes maîtres étaient Patrick Demarchelier ou Richard Avedon. La couleur est venue après. » Elle viendra notamment avec l’Inde et les films de Bollywood qu’elle découvre au gré des voyages professionnels de son père. Son regard se détache ainsi d’un certain prisme occidental. Puis viennent les classiques : les films de Truffaut et La Nuit Américaine, La Nuit du chasseur de Charles Laughton ou la maîtrise d’un Wes Anderson. Sans oublier la virtuosité d’un Paul-Thomas Anderson dont elle dit de son dernier film Licorice Pizza : « Je pense qu’il a marqué beaucoup de gens. »

expérimentations visuelles

Oui, Julie a des goûts éclectiques. C’est certainement ce qui fait la richesse de ses images. De Martin Parr à Peter Lindbergh, en passant par Yamamoto ou le duo français, Pierres et Gilles, la photographe poursuit ses expérimentations visuelles avec la passion des premiers jours. Après une dernière collaboration avec la marque Fête Impériale ainsi qu’avec la chorégraphe Lola Rudrauf, Julie s’intéresse aujourd’hui au clan. La clique, la bande, la tribu. De singulier à pluriel, ses futurs clichés pourraient être aussi ainsi bien mettre le groupe à l’honneur. Toujours, en couleurs. Pour la suite, lorsque je lui demande ce que l’on peut lui souhaiter pour cette nouvelle année, Julie répond en souriant : « Une nouvelle série photographique, un nouveau film et un nouvel atelier. » C’est tout ce qu’on lui souhaite.portrait de femme recouverte de paillettes mauve soufflant de la fumée 2 femmes en train de danser au sol. Celle en premier plan est habillé de noir avec des bottes zebré Photographie kaléidoscopique du groupe l'impératrice par Julie Oona Femme blonde avec une main recoouverte de paillette fumant une cigarette de dos Portrait d'une femme dans les tons bleus dans avec les mains proche du visage 2 femmes torse nues en paaréos orange et bleu dans un champ

Groupe de danseurs habillé de façon coloré en plein mouvement