Céline Van Heel[ESP]

  • La chronique
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16.02.2022

Chronique

par Julie Le Minor

Céline Van Heel, « Color is my religion »

Plongez dans l’univers sexy et coloré de la pétillante Céline Van Heel et découvrez The Spanish King, Andrés, 90 ans. Vous ne pourrez plus les oublier.

Effet fisheyes d'un groupe de personnes agés et jeunes sur un ciel bleu nuit

Si vous ne la connaissez pas encore, retenez bien son nom : Céline Van Heel. Un nom haut en couleur, digne d’un personnage de film. On a l’image d’une femme de la haute société ou d’une femme fatale. Une femme qu’on n’oublie pas. Céline Van Heel a tout juste 25 ans et déjà des millions d’histoires à raconter. Née à Athènes, elle a vécu en Allemagne, en France et même en Suède mais ses racines sont hollandaises et espagnoles. De cette vie nomade aux quatre coins du continent, Céline s’imprègne de tout, tout le temps. Ambiances, couleurs, looks, tout passe au crible de cette autodidacte de l’image qui a franchi le rubicon durant le confinement. « J’ai toujours aimé peindre, j’ai toujours voulu créer. Mais l’envie de prendre un appareil photo n’est venu qu’avec le confinement. Pour moi, c’était un moment incroyable, hors du temps. Je me suis confinée avec mes grands-parents en Espagne dans notre maison de vacances. Pour la première fois de ma vie, j’ai commencé à prendre des photos en capturant ma muse, mon éternelle inspiration : mon grand-père ».

La jeunesse, c’est dans la tête !

Si vous ne le connaissez pas encore, retenez bien son nom : Andrés. Alias, « le roi d’Espagne ». Andrés fait partie de ces gueules qu’on n’oublie pas. Bronzé, charismatique et fier de l’être, il a la beauté et l’allure d’un Delon en plein soleil, la flegme d’une diva. Du haut de ses 90 ans, le grand-père de Céline manie parfaitement l’art de la pose. Entre ombres et lumières, il s’expose sur l’écran Instagram de sa petite fille avec l’assurance de ceux qui ont tout vécu et dont la vie s’annonce encore pleine de promesses. « J’ai une relation très fusionnelle avec mon grand-père », confie Céline. « Avec lui, je me sens libre. Il a ce côté rebelle et irrévérencieux que j’adore. La jeunesse, c’est dans la tête ! » Habillé en Don Juan des temps modernes, pipe au bec, smocking blanc ou version jogging, Andrés semble narguer le temps qui passe et le jeunisme ambiant nous semble soudain bien palôt face à cet homme bronzé, coloré et conquérant.

Homme agé en veste verte et blanche téléphonant d'un téléphone publique dans une salle de carrelage jaune

Les couleurs, parlons-en, justement. « Color is my religion », assure Céline dans un anglais parfait au cours d’une interview ponctuée de phrases dans la langue de Shakespeare – Céline parle 5 langues. « Je ne crois pas en Dieu, je crois en la couleur. J’ai un côté un peu punk, j’aime ce qui explose, ce qui se voit ». Ses photos sont comme un patchwork de couleurs et de sensations qui nous transpose en quelques secondes dans un monde où l’on aimerait vivre constamment. Un monde punchy et acidulé où les personnages sont entiers, gais, sexy et surtout bien vivants. Dans un monde à l’arrêt depuis plus de deux ans, Céline nous donne envie de vivre chaque jour pleinement. « Tout m’inspire : la boulangère, une passante dans la rue, une dispute entre des amants et même un verre bleu sur une table rouge…» Ses stages chez Jacquemus, le maître des couleurs, ou chez Acne Studio à Stockholm, lui ont appris à manier les couleurs du sud et celles des royaumes du nord. Toujours saturées, mais parfaitement maîtrisées, les photos de Céline s’amuse avec les codes et les représentations. Sous son regard, l’amant devient vieux, il porte des Prada et s’habille chez Zara comme la dernière campagne que le duo a imaginée pour la célèbre marque espagnole. « C’était fou ! On a désigné une collection entière, on a choisi les pièces, les couleurs ! »

The Spanish King.

Pour la suite, Céline continue de rêver. Son premier film vient de sortir et il a déjà 41 000 fans sur Instagram. Le héros, vous vous en douter n’est autre qu’Andrés, pour sa petite-fille, il devient The Spanish King. Ses camarades à l’écran sont tous issus de la scène émergente espagnole : ils se nomment Geray Mena, Belen Ecija et Cuentos Rosales et bien d’autres. Téméraire, ambitieuse et multi-casquette, du haut de ses 25 printemps, Céline Van Heel promet de nous en faire voir de toutes les couleurs. Son dernier mot ? « Stay tuned ». We will.

Affiche du film The spanish King représentant 2 ombres masculines se faisant face sur un fond bleu nuitfemme brune avec les yeux maquillé de verre en train de manger à la cuillièrePortrait d'une femme agée aux cheveux blanc avec des lunettes de soleil et de grande boucle d'oreille Photo de nuit d'une femme aux cheveux blancs tenant une femme blonde portant une chapka