Ana Leovy[MEX]

  • Peinture
  • La chronique
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19.10.2018

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Ana est une jeune artiste mexicaine dont le travail coloré et très joyeux compose une véritable célébration de la femme. La femme aux courbes généreuses, bien dans son corps et parée de tenues chatoyantes.

WhO RUNS THE WORLD ? GIRLS

La jeune artiste mexicaine utilise la gouache, l’acrylique ou encore l’aquarelle pour peindre encore et toujours son principal sujet de prédilection : la femme forte. Ou plutôt, les femmes, car Ana souhaite avant tout célébrer la diversité. Dans ses toiles, elle représente la multiplicité des femmes, honore leurs différences et la beauté unique de chacune. Ses femmes ont le regard franc, décidé. Elles donnent envie de s’assumer pleinement. Elles semblent imposantes et sûres d’elles ainsi représentées sans respect des dimensions ou des proportions et dépassant presque les contours de la toile. Le feuillage en second plan semble presque s’écarter pour laisser place à leur force.

Les oeuvres de Ana rappellent à la fois Gauguin pour leur exotisme rappelant l’époque tahitienne du peintre, Picasso pour leurs corps allongés et déformés mais aussi Niki de Saint Phalle et ses femmes toutes en rondeurs et couleurs. Belles, belles, belles ! On retrouve aussi un côté très géométrique dans ses traits, clin d’œil au cubisme. Ana peint les femmes avec des visages triangulaires, leurs yeux et leurs bouches comme des ovales parfaits. Leur visage comme chez Picasso est un tableau à part entière, mélangeant les formes géométriques et les couleurs primaires contrastées. L’ambition d’Ana est de contourner les stéréotypes de beauté en « bouleversant la forme humaine ». Ce sont des femmes d’Amérique du Sud à la peau bronzée et aux cheveux noirs, très Frida Kahlo, une inspiration évidente de la jeune peintre.

Les couleurs dans les toiles d’Ana sont vives, franches, elles viennent elles aussi tout droit des paysages et du soleil mexicain. Le rouge et le jaune dominent et tranchent. Ana est aussi une passionnée de mode pour qui les vêtements sont des « œuvres d’art d’ambulantes ». Forcément, les robes de ses femmes deviennent alors un sujet à part entière et disent aussi quelque chose de la mode mexicaine. Ana ne laisse rien au hasard, plissés des tissus, motifs à poids, épaules bouffantes très hispaniques, cols des manteaux, tout est pensé avec style. Ses oeuvres pourraient presque servir de croquis de mode, on devine les matières, les textures. Ana fait de ses personnages de véritables gravures de mode, chacune possédant un style affirmé et surtout une personnalité propre.