Yasmin Mund[AUS]

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23.04.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Le mois de mai approche doucement, les jours se rallongent, le soleil se fait de plus en plus fréquent… Il est temps de planifier ses vacances et de rêver à nos prochains voyages. Des voyages plus réfléchis, lents et responsables. Embarquons pour le sud de la France aux côtés de Yasmin Mund, photographe australienne qui célèbre le « slow travel ».

DOLCE VITA À LA FRANÇAISE

Yasmin a découvert l’Europe et la France pour la première fois à 19 ans. Elle est tombée amoureuse de la nourriture française, du mode de vie et surtout de la langue, qu’elle tente doucement d’apprendre. Elle aime l’esprit tranquille qui règne dans l’Hexagone, celui qui invite au repos et loue les vacances. Une mentalité que Yasmin ne retrouve contre toute attente pas du tout en Australie, un pays « où tout le monde travaille trop tout le temps ». C’est cette dolce vita à la française que la photographe a voulu immortaliser dans une série réalisée pendant les trois mois d’été. À l’époque, Yasmin résidait dans une famille à Paris, avec laquelle elle est partie parcourir le Sud. Elle capture des sentiers presque déserts, des allées vides, comme si tout le monde était à la sieste. Elle privilégie les couleurs douces et pastel, charmant les yeux et apaisant l’esprit.

SLOW TRAVEL

Yasmin ne souhaite pas faire de la simple photographie de voyage, « vue partout ». Elle se décrit comme photographe documentaire, voulant mettre en lumière des endroits cachés, des espaces d’un bâtiment ou d’un lieu moins mis en valeur. Cette esthétique colle à son ambition de vie, « le slow travel » qu’elle défend ainsi à travers ses clichés. Cette tendance qui prône une autre manière de voyager, en prenant le temps de la découverte ; une tendance essentielle aujourd’hui pour protéger notre chère planète. Le « slow travel », c’est un peu la « slow fashion » du tourisme de masse. Yasmin nous livre ses conseils pour mieux voyager. Pour elle, il faut tout d’abord du temps pour connaître véritablement un lieu, il faut aussi nouer de véritables amitiés avec des locaux, à l’image de ces deux hommes souriants devant leur bar, tester la gastronomie locale… En somme, vivre le quotidien authentique d’un lieu. Tout cela est superbement retranscrit dans ses images, ne montrant pas que le plus touristique ou le plus évident :  Yasmin capture une grille plutôt que la superbe villa qu’elle protège, une maison avec sa climatisation, ses vieux volets et ses antennes, un chat derrière la grille d’une fenêtre aux côtés de baskets usées… Ces éléments qu’on ne voit pas les premiers jours et qui révèlent leurs charmes une fois la première impression passée.

ON DIRAIT… L.A

Si Yasmin se définit d’abord comme photographe documentaire, elle ajoute vite qu’elle est aussi très influencée par le design – elle possède par ailleurs un diplôme en Design et communication visuelle. Yasmin adore photographier les maisons notamment, pour leurs formes graphiques. Elle s’amuse à raconter qu’elle pourrait décrire la personnalité de chacune. Yasmin capture ce qu’elle observe en visitant, en soignant toujours la composition, à la recherche de design, de lignes… Les enseignes d’hôtel qu’elle photographie, elle le fait pour leurs typographies fascinantes, « qui me suppliaient de les immortaliser ». Cette série, pourtant réalisée à Agay, petit village du Var proche de Saint-Raphaël, évoque immédiatement, par ses enseignes d’hôtels dominant des collines, la Californie et son célèbre signe blanc Hollywood à la typographie proche ou encore les néons des motels sur les highways américains. Yasmin n’a réalisé ces ressemblances qu’après avoir quitté la France, preuve de l’influence américaine et de cette standardisation suprême si bien intégrée qu’elle est recréée par l’œil des photographes sans même le vouloir, que cela soit Lisa Boostani en Iran ou Yasmin Mund sur la Côte d’Azur.