Theresa Möller[DEU]

  • Peinture
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06.09.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Alors que le sujet Amazonien défraie toutes les chroniques, on souhaitait rappeler la nécessité d’une nature folle et sauvage, colorée et harmonieuse. C’est avec Theresa Möller, jeune trentenaire originaire de Hambourg, que l’on évoque la jungle quand elle est éclatante et vivante. Le travail de Theresa a illuminé l’édition 2019 d’Art Paris Art Fair, dans un solo show organisé par la galerie strasbourgeoise Aedaen.

INTO THE WILD

Sur des toiles de bien grandes dimensions, avec des couleurs vives, légèrement éblouissantes, Theresa peint la jungle et les forêts dans une ode à la nature, ses contrastes et ses structures. Elle dit y trouver « la diversité, l’incohérence, le désordre, l’opulence, la richesse des formes et des couleurs » nécessaires à son travail d’artiste. Theresa représente la vulnérabilité et la fragilité des paysages, en perpétuelle mutation, transcende les frontières entre croissance et décroissance, figuration et abstraction. Si les forêts qu’elle peint avec précision donnent parfois l’impression d’avoir à faire à une photographie, l’explosion de couleurs fluorescentes emmène dans un monde plus surréaliste. Il faut pour l’artiste « entrer dans la beauté sensuelle des couleurs, des perspectives, des lignes ».

Côté réalisation, Theresa applique sur la toile une première couche de peinture acrylique, aux tons intenses. C’est un premier « terrain », sur lequel elle va ensuite agir dans une volonté de « peinture vivante », qui évoque les paysages flottants de Eléonore Deshayes. La peinture acrylique, diluée avec l’eau, devient une matière incontrôlable, faisant apparaître des formes et des contours accidentels, non désirés. Les teintes se superposent comme dans un jeu. L’artiste utilise dans un second temps la peinture à l’huile, plus matérielle, concrétisant les figurations. Son travail se veut une véritable expérimentation autour des matières et des couleurs. Theresa est concentrée sur l’aspect purement pictural de la peinture, son potentiel sensuel et esthétique, refuse la narration. « Je souhaite que mes peintures agissent pour elles-mêmes, et que l’on puisse les regarder sans nécessairement chercher une signification particulière ». Entre imaginaire et réalité, la peintre aime être libre d’admirer le pouvoir d’imagination des spectateurs.