Taylor Lee[USA]

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10.01.2020

Chronique

par Juliette Mantelet

Les fleurs. Tout un symbole et ce depuis la nuit des temps. Elles ont fait l’objet de nombreuses natures mortes, à toutes les époques. Des peintres de l’école flamande aux Tournesols de Van Gogh. Toujours, on en a offert et cueilli. Elles symbolisent comme chez Ronsard ou Françoise Hardy la vie qui passe. Chez Clara Luciani, la beauté parfaite et muette. Taylor Lee reprend cette tradition picturale et la poursuit dans un hommage floral à sa grand-mère défunte. Quand l’art soigne nos blessures.

FLEURS PANSEMENTS

Si Taylor peint, et peint des fleurs, c’est grâce à sa grand-mère chez qui elle a vécu les cinq premières années de sa vie. Encore trop petite pour aller à l’école, sa grand-mère lui a transmis l’art de la peinture acrylique. et l’amour du jardinage.

L’artiste se dit amoureuse des tableaux des grands maîtres de l’école flamande et de leurs célèbres natures mortes aux fleurs et aux fruits. Elle en reprend les teintes froides et mélancoliques, la palette tourmentée et le réalisme des compositions. Taylor s’inspire aussi de la littérature gothique, des poèmes de Christina Rossetti ou d’Ezra Pound. Et bien sûr, des toiles de Van Gogh. Pour chacune de ses peintures elle collabore avec des fleuristes pour élaborer des arrangements plus vrais que nature. Elle puise aussi dans la symbolique de l’Angleterre victorienne où les fleurs étaient alors envoyées comme des messages codés pour exprimer des sentiments difficiles à formuler autrement.

Dans ses toiles, Taylor énonce ainsi à son tour ce qu’elle ne peut pas dire tout haut. Et rend un hommage émouvant à sa grand-mère, dont l’urne repose encore dans sa maison. C’est comme une manière pour la jeune femme de décorer une tombe inexistante, de la mettre en terre et de lui offrir de reposer en paix. Taylor nous rappelle un autre témoignage à une grand-mère chérie, celui de la chanteuse Clara Luciani… « J’ai dessiné, tu sais un arbre, une forêt pour qu’à l’ombre des cyprès tu puisses reposer », chante la jeune femme. L’art musical ou pictural pour surmonter le chagrin, faire son deuil et panser les blessures. Ce que Taylor transmet à travers ses toiles, c’est qu’il faut connaître la douleur pour savourer la joie. Deux sentiments vitaux et complémentaires. Les fleurs poussent partout, même de la tristesse. Et la beauté éclot à nouveau.