Sidi-Omar Alami[FRA]

  • Photographie
  • L'interview

Sidi-Omar Alami avait commencé par des études de médecine. Une année et un échec plus tard, il décide de tout recommencer. Il se lance dans la photographie. L’été dernier, il achète son premier boitier et se met en route pour un long voyage : « J'ai pris mon courage à deux mains et je suis parti seul à l'aventure avec mon sac à dos et mon appareil photo pour aller à la rencontre de ce grand monde qui m’est bien inconnu. 

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03.02.2015

Interview

par Pauline

Des voyages, des rencontres

Ses photographies sont en effet intimement liées aux voyages et aux rencontres. Pas de composition, pas de revendication artistique à part celle de « transmettre une certaine sérénité ». On retrouve de plus en plus aujourd’hui, cette pratique de la photographie, inhérente au quotidien et au lifestyle. Un lifestyle fait de voyages, de souvenirs sur la route, de potes, de bandanas et de longues barbes qui s’approchent d’une vie hippie à laquelle beaucoup de jeunes gens rêvent secrètement. « Mon intention n’est pas de m’enfermer dans un style photographique précis, dit toutefois Sidi-Omar. J’aime les années 70, une époque qui m’inspire beaucoup et que j’aurais aimé vivre. » Pas de statement particulier donc, juste le quotidien d’une jeunesse libre, indécise et fougueuse.

Sidi-Omar mentionne d’ailleurs comme influence le photographe Ryan McGinley, célèbre pour ses photos colorées de nus. Sidi n’évoque pas de photographes lifestyle ou de photographies de voyage. Mais l’on voit à travers ses clichés ce même intérêt que McGinley pour une jeune génération éprise de liberté, et ce même optimisme quant à leur avenir. A l’inverse par exemple des photographes Larry Clark ou Bruce Davidson qui photographiaient leurs amis dans un contexte tragique dont peu pouvaient en sortir.

Sidi-Omar, lui, croit fermement en la fraternité et en « la bonté des hommes ». En commençant son tour du monde seul aux Etats-Unis, à New York, il s’amuse à discuter avec ses compagnons de route à l’aéroport. Arrivé à Manhattan, il rencontre un français dans un bar, assis devant un des matchs de la coupe du monde. Romain travaille dans la finance à Wall Street et l’accueille dans son appartement luxueux sur Broadway. Il lui laisse un double des clés et toute sa confiance. « Je ne me suis jamais retrouvé à la rue », raconte Sidi-Omar. Même pas dans la fureur de New York city et sa vie à mille à l’heure.

Une autre anecdote le marque : un modeste repas partagé avec un SDF new yorkais. « Je suis issu d’une famille très croyante et on dois s’acquitter de l’aumône », explique Sidi qui en profite pour  rappeler que nous ne prenons pas assez le temps d’aller vers les autres. A New York toujours, Sidi-Omar rencontre les membres du groupe de reggae The L81Z qui l’inviteront à venir faire un tour chez eux à Hawaï, où il apprendra par ailleurs les barbecues et le surf.

Ces rencontrent fortuites contribuent au carnet de voyage photographique que Sidi-Omar alimente depuis six mois. Après la Big Apple, Sidi-Omar a rejoint ses amis Emmanuel Rosario, Thibault Lévêque et Théo Gosselin. Ensemble sur la route, ils philosophent sur l’avenir, la vie et la photographie. Sidi a poursuivi sa route en Asie puis en Australie, où il se trouve actuellement.

Les histoires de Sidi sont nombreuses. Mais ce sont ces anecdotes qui constituent sa vie sur la route qui l’inspirent et sur quoi il rebondit pour poser un regard nouveau sur ce monde, « le monde qui en ce moment a tendance à oublier ses valeurs ». On ressent chez le photographe ce besoin d’aller trouver la liberté là où elle réside : dans le voyage et ses multiples histoires à fabriquer puis à raconter. Une photo qui parle de quotidien, de bandes de potes, de voyages et d’exutoires.

 

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