Sam Johnson[GBR]

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03.03.2020

Chronique

par Juliette Mantelet

Sam Johnson n’a que 20 ans et déjà plus de 60 000 abonnés sur son Instagram. Pourquoi une telle popularité ? Pour ses photos. Des paysages, de neige ou de sable, aux lumières douces. Des maisons fantômes. Des ambiances tantôt poétiques, tantôt mystérieuses. Des couchers de soleil. Et quoi qu’il capture, toujours une atmosphère frappante et inoubliable. Terriblement efficace. L’univers de Sam est un mélange entre les ombres et lumières de Nick Prideaux, les teintes rosées de Marta Vidal, et cette petite touche d’étrangeté des clichés du suédois Simon Kerola.

LONDRES, LES USA, L’AUSTRALIE

Sam est né au Royaume-Uni et vit aujourd’hui à Londres après avoir grandi en Australie. C’est de là, sûrement, que lui vient sa fascination pour les teintes plus estivales et les beach sunsets. Alors bien sûr, revenir à Londres maintenant n’est pas simple. « C’est dur de faire face au ciel gris permanent alors que j’ai passé la majorité de mon temps à faire des photos dans des lieux où il n’y a jamais un nuage », explique le jeune artiste. Mais il tient à se concentrer sur le positif. Et tout ce que Londres a à offrir. Dans cette capitale de près de 9 millions d’habitants il se passe toujours quelque chose. Sam confirme, « vous manquez rarement de sujets ». Il aime pouvoir y marcher pendant des heures, sans dépendre d’une voiture. S’immerger.

Il n’a beau avoir que 20 ans, cela fait déjà 5 ans que Sam se consacre de façon sérieuse à la photographie. Depuis ce skate trip aux États-Unis avec un pote. Comme beaucoup, il immortalisé ce premier voyage sur son reflex de l’époque. « Les paysages incroyables, la culture amish », autour de la ville de Lancaster en Pennsylvanie. Et ses clichés ont vite suscité un intérêt. Quand on lui demande justement les raisons de son succès sur Instagram, Sam répond juste qu’il est chanceux. Et précise que « les chiffres sur Instagram » n’ont finalement peu de valeur. Comme nous disait Simon Nicoloso, avoir aujourd’hui une grosse communauté sur Instagram ne signifie pas « qu’on vend beaucoup de tirages ou de bouquins. Ou qu’on fait beaucoup d’expo ».

SERENDIPITY

Conserver la beauté qui serait perdue, apprécier l’intérêt esthétique des choses simples. C’est pour ces raisons que Sam déclenche son appareil. Et pour les couleurs du ciel à partir de 14h. « Tant de choses changent en peu de temps. Les ombres se projettent différemment, les lumières se reflètent, les couleurs varient. » Photographe voyageur et marcheur, Sam préfère découvrir les lieux pour la première fois. Tomber sur le bon endroit par hasard. Ce qu’il trouve le plus gratifiant c’est « d’interpréter des endroits inconnus ». Et il le fait avec brio. Réussissant d’une manière déconcertante à passer d’une atmosphère à une autre, en parvenant toujours à créer la scène juste. Avec des teintes bleutées et ce côté fin du monde, il donne l’accent surnaturel qu’il faut à ce cliché d’un bus vide de tout être humain perdu dans la neige. Il crée un réconfort familier et apaisant avec ce simple cliché des rayons du soleil qui filtrent à travers des rideaux. Sam nous donne envie soudain de revivre ces couchers de soleil de vacances où le ciel devient rose et où le temps s’arrête. Où l’on stoppe la voiture n’importe où, comme on peut, et où l’on contemple sans ne plus penser à rien. Enfin.