Marilyn Mugot[FRA]

  • Photographie
  • L'interview

On découvre la Chine à travers le regard féminin de la photographe et graphiste parisienne Marilyn Mugot. Passionnée de cinéma, l'artiste immortalise les paysages nocturnes en se concentrant sur le rapport ambigü entre modernité et tradition qui subsiste dans une ville comme Hong Kong.

Envie de créer un projet avec cet artiste ?
Contactez-nous
06.04.2018

Interview

par Juliette Mantelet

L’EMPIRE DU NÉON

Avec les photos de Marilyn Mugot, c’est comme si l’on se baladait dans Hong Kong à l’heure bleue, ou plutôt à l’heure rose devrait-on dire, tant cette couleur est omniprésente dans son univers.

Pour la jeune artiste passionnée de septième art et particulièrement des films des années 1990, la photographie est un moyen de mettre en images ses propres scénarios. Elle pense chacun de ses clichés comme si elle était réalisatrice. On imagine bien l’histoire nocturne qu’elle pourrait nous raconter dans ces paysages aux néons agressifs et à la lueur fantasmatique où tout semble pouvoir arriver loin des sentiers touristiques.

La photographe a commencé la série « Night Project » en 2014 aux États-Unis, lors d’un road trip solitaire de plusieurs mois. Inspirée par le travail sur la lumière d’artistes comme John Harris, dont les teintes violettes et roses se retrouvent aussi dans l’univers de Marilyn, elle en a fait depuis son sujet de prédilection. Les photos que nous présentons ce mardi ont été prises dans trois villes chinoises, Hong Kong, Guilin et Chongquing. L’artiste raconte marcher des heures la nuit pour trouver le moment parfait à immortaliser, à la fois magique et mystérieux.

Son travail puise aussi dans l’oeuvre du photographe américain Philip-Lorca diCorcia avec ses images et portraits hors du temps pris au détour d’un bar, d’une ruelle, dans l’intensité de la nuit. Mais chez Marilyn pas de portraits et presque aucune présence humaine. Dans sa Chine à elle, encore plus que dans celle de Matthieu Bühler dont on parlait la semaine dernière, l’humain semble avoir déserté ces villes aux deux visages, partagées entre tradition et futurisme… Des villes où la technologie et les néons semblent avoir pris le pouvoir.

Comme un fil conducteur, les enseignes lumineuses en idéogrammes nous guident d’une photographie à l’autre. Entre immeubles ultra-modernes, petits commerces et autres décors plus vétustes, c’est la Chine et ses multiples facettes qui s’ouvre à nous. Le néon finit par devenir familier et nous rassure dans la solitude et l’immensité d’une nuit asiatique.