Ode à la fête [2/12] • Art Feast & Hard Fist[FRA]

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13.01.2021

Interview

par Pauline Guillonneau

Philippe Martin, aka Miimo est un DJ lyonnais, membre fondateur du label Art Feast Records et d’Hard Fist (le penchant dark de son prédécesseur). Il répond aujourd’hui à notre ode à la fête, on vous propose de le lire en musique.

 

ART FEAST & HARD FIST

Ça a commencé par Art Feast, association pluridisciplinaire, collectif d’artistes, organisateur de soirées à  Lyon, Paris & Berlin. Fondé par Romain T.  en 2008 et rapidement rejoint par Miimo en tant que DJ résident, le collectif est amateur de House. Le son et l’identité du collectif s’est ralenti au fil des ans, s’est durci, tout en s’enrichissant par des sons acides et globaux en provenance du Moyen-orient, d’Afrique, d’Asie et d’Europe. Fort de cette richesse culturelle, c’est en 2016 que le label Hard Fist voit le jour sous l’impulsion et envies des nouveaux membres du crew : Baptiste P. (Tushen Raï), Guillaume M. (Cornelius Doctor), Caroline B, Eléonore C. (Warum) & Younes (Neskeh).

Influencé par l’Italo, la Trance, la Disco, la New Wave, le Tribal et le Rock psychedelic, le son d’Hard Fist est pur, libre et sans tabous. « Our heart is free, our fists are clenched » (notre coeur est libre, nos poings, serrés, ndlr) En 2017 et jusqu’à hier Hard Fist posait ses valises en résidence au Terminal Club, au Sucre à Lyon et au Rex Club à Paris. 2021 sera (encore et toujours) un voyage cosmique avec les sorties d’une compilation digitale Cosmic Terroir compilation, d’un vinyl d’Omar Joesoef, le vol.2 de la compilation La Dance. On laisse la parole à Miimo.

 

Tafmag : Quel fêtard es-tu HABITUELLEMENT ?

Miimo : Un fêtard de jour ! Avec les années qui passent, la fête de jour est devenue ma préférée. De voir le public arriver et s’enivrer au fil de la journée jusqu’à la tombée de la nuit crée toujours une atmosphère spéciale, souvent indescriptible.

Quand je mixe, chaque club à son identité, son histoire, ses caractéristiques, son public qui influencent consciemment ou inconsciemment mes sets. Et que ce soit before ou after, l’exercice est tout aussi plaisant même si je serais tenté de dire que le before reste plus intéressant. L’idée de créer cette ambiance et d’installer le guest (le DJ invité en tête d’affiche, ndlr) est souvent excitante.

Des soirées sages ? Je mentirai !

Raconte-nous ta fête la plus folle

Vous vous doutez, il y en a des dizaines après plus de 12 ans de mix ! D’instinct, je dirais le premier Salon Zur Wilden Renate avec tous le crew en 2017 de 02h à 12h pour finir au Berghain jusqu’au dimanche soir tard. Très tard…

Ou alors un nouvel an où l’on a investi un Sex Shop du centre de Lyon et où un public de tous genres s’est retrouvé pour ne plus faire qu’un.

Ou bien une ouverture du Terminal suite à la victoire de la France pour la Coupe du Monde où je me retrouve à jouer all night long pendant 7h sans que le public ne veulent arrêter…

Enfin, le premier Extra! Nuits Sonores « Thé à la menthe » ou l’on a laissé place à une musique plus Worlwide et où toutes les communautés se sont retrouvées, sans distinction d’appartenance, de religion ou de croyance.

Que représente la fête pour toi ? Ta philosophie de la fête ?

Je ne sais pas si il y a un idéal de fête, en tout cas personnellement je l’aime multiculturelle, libre dans le respect de chacun et où la musique est au cœur de ce rassemblement. Pour emprunter une célèbre citation : « L’important dans la vie, c’est de continuer de danser ».

Décris-nous ton idéal de fête après le confinement ? Sera-t-elle la même qu’avant ? À quoi ressemblera-t-elle ?

Forcément elle sera différente. Cette pandémie nous a impacté et il est certain que le secteur se relèvera difficilement. Dans un premier temps et assez rapidement (croisons les doigts) j’espère que la fête devienne plus locale et que nos artistes locaux et nationaux soient (enfin) reconnus à leur juste valeurs Cette pause forcée doit nous faire retrouver les valeurs qui nous animent et remettre en ordre cette fête qu’on aime tant et qui s’est égarée au fil des années.

Hard Fist à retrouver tous les jours sur Bandcamp pour les nouvelles releases. Et pour écouter Miimo, c’est sur Soundcloud.