Nikki Lake[AUS]

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07.01.2020

Chronique

par Juliette Mantelet

Notre deuxième résolution de l’année 2020 : continuer à vous faire voyager. Départ sur la route australienne. À l’heure où le pays brûle et le monde pleure, découvrez, Nikki Lake et son obsession des détails.

LE Détail QUI TUE

Nikki est la photographe des petits bouts, de la réalité tronquée, des correspondances entre monde naturel et monde matériel. Elle a commencé par étudier le cinéma, rêvant de devenir scénariste avant de se rendre compte qu’elle préférait les moments isolés, les scènes descriptives, les images statiques… Après ça, elle a acheté un Polaroid et est tombée amoureuse de l’esthétique argentique. Impossible pour elle de battre « les couleurs, les textures mais aussi les imperfections » produites par l’usage de la pellicule.

Nikki voyage, explore et immortalise les petits détails, les formes qui retiennent son attention, les symboles qui « attrapent ses yeux ». Plus jeune, elle était timide, ne parlait pas beaucoup et faisait alors d’autant plus attention à son environnement. Cela ressort aujourd’hui dans sa photographie. « J’ai des souvenirs très nets des papiers peints dans la maison de mes grands-parents », ajoute-elle. Dès qu’elle met le pied dans un nouvel espace, elle scanne la pièce et s’intéresse à chaque petit élément. Et il faut le reconnaître, elle a le don pour repérer le détail qui tue. Son art est un éloge au minimalisme très en vogue, aussi bien dans la mode qu’en photo ou sur Instagram. On se débarrasse du superflu, on ne garde que l’essentiel : Les lignes, les couleurs, les textures. On fait avec ce que l’on a, autour de soi. Nikki crée des espaces simples, ordinaires. Sans jamais transformer, ajouter, retoucher ou scénariser.

On imagine Nikki se balader dans la rue (« avec mon chien », précise-t-elle), aux aguets, prête à s’arrêter à chaque instant. La photographe parvient à raconter une vraie histoire visuelle à partir de presque rien. Bien loin de s’ennuyer, on n’a qu’une seule envie : glisser vers l’image d’après et continuer avec la photographie cette balade esthétique où « les parfums, les couleurs et les sons se répondent » comme écrivait Baudelaire. Un bout de donut abandonné sur une table aux serviettes roses, une vasque rétro, un chemisier à fleurs, un mur rose… Les couleurs et les tons pastel se répondent à merveille. Et tout se prête au jeu de Nikki, à son regard affuté, à sa passion des combinaisons et son amour du rose. Avez-vous remarqué son obsession ultime ? Associer les fleurs et les voitures. Quand la nature s’allie aux machines. L’image dont elle est la plus fière et qui résume si bien son style : celle de la serviette orange. « Un simple moment ou un objet rendu extraordinaire », les deux penchants de sa photographie. En 2020 n’oubliez pas, il y a du beau partout pour qui veut bien le voir. Ouvrez les yeux, et pas juste pour compléter votre feed Instagram.