Marta Vidal[ESP]

  • Photographie
  • La chronique
Envie de créer un projet avec cet artiste ?
Contactez-nous
10.09.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Photographe espagnole, basée à Barcelone, Marta Vidal a étudié la photographie à l’Institut photographique de Catalogne. Cette capitale catalagne connue pour son soleil, sa plage, sa lumière… Est immortalisée avec talent dans les images de Marta. La jeune femme se dit inspirée par les plages du photographe italien Luigi Ghirri et les teintes éclatantes de l’américain Stephen Shore.

SUNSET LOVER

Tout photographe se doit d’entretenir une relation intime avec la lumière, et de la maîtriser. On le rappelle si besoin : le mot photographie vient du grec et signifie littéralement « écrire avec la lumière ». Marta le fait à sa manière, en utilisant la lumière comme unique et principal sujet. Mais pas n’importe laquelle, celle rosée si propre aux couchers de soleil espagnols, celle qui embellit tout, plantes, paysages et immeubles… Et elle prouve en images que l’on a besoin de rien d’autre. La lumière est l’essence et la matière, le sujet et la forme. L’aborder frontalement, c’est décidément la patte des photographes espagnols comme Mònica Figueras, Sonia Perdeck, Nerea Garro, que nous vous présentions plus tôt sur Tafmag. Ils ont le soleil dans la peau et dans l’objectif, avec leurs atmosphères solaires bien à eux. Marta confirme avoir le sentiment d’une relation privilégiée à la mer et au soleil de par ses origines. Quand elle a vécu quelques temps au Royaume-Uni, elle a ressenti le besoin cruel de revenir chez elle pour voir la mer. « J’en ai besoin pour nourrir mon âme », admet-elle, poésie que l’on ne peut ignorer dans ses images.

Marta se concentre dans cette série sur le moment précis du coucher de soleil : « Les tons roses et oranges constituent ma palette préférée et ce moment de la journée me permet de saisir un million de nuances », précise-t-elle pour expliquer ce choix. Elle aime ces moments intenses et éphémères, chargés d’émotions, comme celui du développement de la pellicule. Tout est une question d’instants pour la jeune femme qui raconte parfois ne pas trop savoir pourquoi elle appuie sur le déclencheur, si ce n’est que c’est « le moment idéal ». Elle parle de la photo comme d’un acte inconscient, magique et indescriptible.

Chacun de nous possède un souvenir lié à un coucher de soleil… Marta livre que, plus jeune, elle allait chaque année à la fin de l’été dire adieu à la mer et aux couchers de soleil en dansant dans les flots. Aujourd’hui, à travers ses images, Marta renvoie la même poésie que cet adieu à l’été, voulant faire ressentir à son public la nostalgie des lieux et des choses. Elle se dit inspirée par les espaces solitaires et la « poésie qui s’en dégage ». Quel moment plus poétique que celui où le jour se termine, et où le soleil disparaît pour atteindre d’autres territoires, promesse d’un lendemain ? On pourrait passer des heures à contempler ses photographies, fruits d’infinies nuances, comme le coucher du soleil que l’on voudrait ne jamais voir se terminer. On les fait défiler les unes après les autres, les teintes changeant alors, comme dans le ciel. Nostalgie quand tu nous tiens.