Marie-Yaé Suematsu[FRA]

  • Peinture
  • La chronique
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15.02.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Marie-Yaé Suematsu décline le dessin sur différents supports, du papier à la céramique. Elle est née et a grandi à Paris où elle a étudié aux Arts Décoratifs. Ses différentes pratiques artistiques se rejoignent autour de la couleur bleue. Couleur par excellence de la céramique, le bleu est de Delft ou de Sèvres et est éternellement repris dans ses peintures comme un clin d’œil. Son art, tout en nature morte, rend hommage aux petits objets et à l’esthétique japonaise.

LES VIES MINUSCULES

Marie-Yaé réalise des peintures sur papier à la gouache. Elle a commencé à peindre il y a trois ans et ses natures mortes rappellent évidemment – et comme beaucoup dans la tendance actuelle – Matisse pour leurs couleurs fauves et leur côté fourmillant. Elle raconte d’ailleurs avoir vécu dans un appartement où l’on trouvait dans chaque pièce un poster ou une carte postale du peintre. Ce que Marie-Yaé préfère représenter ce sont les objets du quotidien. Elle pose le regard sur ces petites choses en apparence insignifiantes mais qui prennent une vraie dimension esthétique sous ses pinceaux. Elle met en lumière la beauté d’un vase, d’un bol ou d’un bibelot en les figurant avec une superbe profusion de motifs et une minutie impressionnante. Cette passion est sûrement liée à son travail avec la céramique et à son admiration pour les vases de Picasso. C’est un art du quotidien qui nous pousse à porter attention aux choses qui nous entourent. Tout est une « question de regard » affirme l’artiste.

LES DéLICES DU JAPON

Quand on regarde le travail de Marie-Yaé, on ne peut s’empêcher de penser à l’Asie et surtout au Japon dont Marie-Yaé reprend les codes esthétiques. Le Japon c’est le pays de son père, où elle passé six mois en 2014 lors d’un échange à Kyoto. Le pays du soleil levant l’a bouleversée par « ses couleurs, ses dessins d’enfants, ses cafés, ses librairies… » Un pays où « tout est petit et très, très chargé », un peu comme dans ses dessins. Les objets que Marie-Yaé met en scène sont en fait ceux qu’elle a rapportés de ce voyage. Ils peuplent désormais son appartement et envahissent ses toiles. Comme dans les estampes japonaises, sur les paravents ou les kimonos, Marie-Yaé déclare son amour pour la nature et imagine un monde peuplé d’animaux, oiseaux ou chats, et de fleurs. Une femme en kimono assise de dos, des sandales à ses pieds est un hommage charmant à toute cette esthétique. Le bleu nuit profond omniprésent dans ses dessins évoque aussi celui de « La Grande Vague de Kanagawa » et du ciel des vues du mont Fuji d’Hokusai. Les japonais, comme Marie-Yaé, accordent une certaine attention aux petites choses et prônent le respect et l’amour des animaux, comme dans le superbe livre de l’auteure japonaise Ito Ogawa, « Le Restaurant de l’amour retrouvé ».