Margaret Jeane[USA]

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31.05.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Peintre américaine installée à Salt Lake City, Margaret Jeane s’est faite la reine des fleurs, des paysages et des motifs répétés, les « patterns » comme on dit dans la langue de Shakespeare. Elle aime les sujets naturels, organiques, aux infinies variations qui collent ainsi avec son style mouvant et libéré. Son objectif est simple : rappeler à tous la beauté spontanée de la nature.

RETOUR VERS… LA NATURE

Après les élections européennes, où les Français semblent enfin avoir compris l’urgence d’agir pour notre planète, en plaçant dans le trio de tête un parti écologiste, quoi de mieux qu’un petit tour par l’univers de Margaret, peuplé de fleurs et de paysages, invitant à un retour vers la nature. Une peinture du bonheur caractérisée par une joie de vivre et une grande liberté. Si Margaret s’intéresse aux sujets naturels, c’est en effet principalement pour leur côté libre. Les fleurs et les paysages se transforment en permanence, changeant de formes et de couleurs selon les moments de la journée. Elle les représente plein de cette vivacité, les bouquets de fleurs semblent jaillir du cadre. Margaret peint la profusion. Les tiges partent du centre du tableau pour venir s’agripper jusqu’aux bords dans une explosion de couleurs et de pétales. Pour les paysages, elle vient ajouter des petits traits verticaux qui cassent le rythme régulier et horizontal caractéristique du genre du paysage et qui créent ainsi un vrai mouvement. Elle représente avant tout des formes, la ligne d’une colline, les crêtes, mais sans préciser l’ensemble dans une sorte de grand élan de vie général. Les paysages et les fleurs émeuvent Margaret qui souhaite les retranscrire avec sa spontanéité et ses ressentis. Elle le décrit ainsi : « Ce sont des matières vivantes qui changent constamment et qui peuvent être indéfiniment réinterprétées, »

Les couleurs sont douces, lumineuses, positives. Pas de teintes froides ou tristes, juste des couleurs gaies comme le rose ou le bleu clair. Margaret peint sur des panneaux de bois de bouleau et mélange la gouache et la peinture acrylique. Elle se livre à un art purement manuel et laisse justement apparentes les traces de composition. On devine la trajectoire du pinceau sur la toile, on aperçoit les épaisseurs de la matière, les différentes couches. Le tableau n’est pas parfait, il est réel, vivant, comme ce qu’il représente. Pour l’artiste, ces traces sont le symbole de sa réinterprétation. Ce qu’elle peint reste une lecture personnelle. Margaret « garde les choses en vrac ». Elle explore et peint plus ses sensations que la réalité.

Chez elle tout est une question d’émotions, à ressentir et à transmettre. Elle écrit : « La peinture me procure vraiment une grande joie et je voudrais que le spectateur éprouvent cette même joie ». Comme souvent dans l’art, les paysages et les fleurs de Margaret cachent un message plus profond. Elle souhaite rappeler à son public l’importance de la nature, l’inviter à sortir prendre l’air. Pour la peintre, il est très facile « d’oublier de ralentir et de s’imprégner de la beauté naturelle autour de nous ». Elle raconte retrouver son énergie en passant du temps à l’extérieur, en entretenant son jardin, en faisant du vélo dans les montagnes… « La nature a la plus pure des énergies ». Point final.