Mai, fais ce qu’il te plait[FRA]

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03.05.2022

Chronique

par Julie Le Minor

Mai, fais ce qu’il te plait

À chaque époque, ses credos. À chaque mois, ses dictons.

Si, capricieux, Avril ne se découvre pas d’un fil, Mai sonne l’heure de la liberté et de la gaieté retrouvée.

À l’aube de ce nouveau 1er mai, le ciel lui-même annonçait un changement d’humeur et alors que Vénus et Jupiter en haut se frôlaient, sur Terre aussi, le temps se mettait à changer.

Car on ne le dira jamais assez : en Mai, fais ce qu’il te plait.

Les soixante-huitards l’ont pris au mot, déplaçant les pavés pour y trouver la plage, tandis que la jeunesse parisienne annonçait avec effusion l’éclosion d’un nouveau printemps.

Bruyant, tapageur, vivant. Chaque année, le mois de Mai fait sa révolution. Adieu canapé, plaid et longue soirée à la maison, les jours s’allongent et la rumeur de la ville s’étend peu à peu à l’horizon.

Car Mai est comme un cri de ralliement. Un cri du cœur chanté à l’unisson. Celui de la rébellion d’un automne trop long et d’un hiver trop sage. Celui des premiers émois, des premiers flirts et des premières trahisons.

Mai, c’est la sensualité d’un nouveau monde, la promesse d’une nouvelle aube. Des jours à la cool, des nuits à perdre la raison. Des éclats de verre, des éclats de voix. Mai, c’est la candeur et la dynamite, le Spring Breakers d’Harmony Korine version La Grande Belleza de Sorrentino. Mai, c’est Raison et Sentiments, César et Rosalie, Jules et Jim. La croisée saisissante du calme, de la volupté et déjà au loin, l’annonce assurée des pics de chaleur.

Alors cette année encore, soyez bruyants, soyez vivants.
Comme dirait Alfred Musset, « On ne badine pas avec l’amour ». Encore moins avec le temps.

En mai, fais ce qu’il te plait.

 

Photo de couverture : Flora Maclean