Liza Evrard[FRA]

  • Photographie
  • La chronique
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19.02.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Liza est une jeune photographe de mode, installée à Paris après avoir vécu à Bordeaux et à Aix en Provence. Elle est passionnée par la mode, qui lui permet de lier son goût pour le portrait et le vêtement. Elle aime jouer avec la lumière et la « géométrie de l’espace » et surtout « donner corps à des inconnus ».

JOLIES POUPÉES

Si Liza a décidé de se tourner vers la photographie de mode, c’est tout simplement car « le goût de jouer à la poupée » ne l’a jamais quittée. Elle habille ses modèles, réfléchit à leurs expressions… Ses « poupées », Liza les choisit avec un caractère marqué. Elle veut photographier « des personnages », avec des imperfections, loin de la beauté classique. Dans chaque cliché, elle recherche une expression forte et particulière, une expression de distance. Liza dit être inspirée par des photographes comme Erwin Olaf ou Peter Lindbergh, tous les deux spécialisés dans le portrait. Chez eux aussi, les sujets posent avec un regard intense et frappant, assez dramatique. Les modèles de Liza ne sourient pas, elles posent et se jouent de leur aura de mannequin. L’artiste souhaite faire ressentir à travers l’attitude de ses modèles « un romantisme contrarié ». D’où les regards durs, affirmés, presque hautains.

REINE DE LA CONCORDANCE

Liza ne réalise jamais de gros plans ou de portraits serrés. Elle laisse toujours apercevoir le cadre et tente au maximum de faire dialoguer les modèles et les lieux par une impressionnante concordance entre textures et couleurs. Elle multiplie les clins d’œil, des plus évidents aux plus subtils. Un sac orange est bien sûr assorti aux cheveux roux du mannequin. Mais Liza rajoute un second degré en associant les ondulations de la coiffure au feuillage ondulé des arbres mis en second plan. Plus loin, une des modèles posent avec une veste officier dont les dorures « matchent » parfaitement avec les dorures du pont sur lequel elle pose. On peut aussi citer la maille d’un pull rose qui coïncide avec les mailles du filet de tennis… Liza l’a bien compris, « le diable est dans les détails » et l’on se met alors en quête de ces échos astucieux qui, mis bout à bout, content une jolie histoire visuelle.