Lean Lui[HKG]

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24.09.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

« Love is mean, and love hurts ». Ça, c’est Lana Del Rey, la chanteuse par excellence des histoires d’amour ultra-romantiques et un chouilla tourmentées. Une parfaite introduction à l’univers de notre photographe du jour, Lean Lui. Lui, son univers est poétique et romantique et tout est suggéré. Tourbillon vaporeux et onirique de sensualité.

à LA RECHERCHE DE L’AMOUR PERDU

L’amour, ce sujet éternel qui fascine les artistes depuis toujours et ne prend jamais une ride. Un classique, vieux comme le monde. Mais qui fonctionne toujours. Et Lean Lui, toute jeune photographe de Hong Kong l’a bien compris. Est-elle une amoureuse éperdue ? Une jeune femme en quête de l’être aimé ? On ne le sait jamais vraiment mais ses photographies respirent le romantisme, à la manière des romans de Jane Austen. À la recherche d’un M. Darcy.

Lean Lui immortalise les novices de l’amour. Qui le cherche sans le trouver. Ou qui le rencontre puis le perde. Une jeunesse insouciante, amoureuse, candide, dont l’amour est la préoccupation première. La lumière éblouissante rend ses clichés vaporeux et aériens et entoure les corps d’une espèce de voile de coton. Comme dans un rêve. On se croirait dans l’esthétique hyper dreamy du film The Virgin Suicides de Sofia Coppola. Dont la B.O, signée Air, dégouline ainsi : « I’m a high school lover. You’re my playground love ».

Lean Lui photographie les êtres dans leur intimité, de dos. Spécialisée dans les gros plans au corps à corps, elle offre aux regards curieux la chair fraîche et rosée partiellement déshabillée. Et très vite, le spectateur devient voyeur. Il surprend les amants dans un moment très sensuel. Reine de la suggestion, Lean Lui peuple son univers de fruits et de fleurs. Depuis la fameuse pomme défendue d’Adam et Eve, les fruits ont toujours évoqué la sensualité et le désir. Quant aux roses et aux fleurs, elles sont à la fois métaphores du temps qui passe et de la virginité perdue. On glisse doucement vers l’amour charnel. Les fleurs sont fanées sur le dos de la jeune femme, la figue est croquée à pleine dents. Et dans les photos de Lean Lui comme dans le film de Coppola, au titre évocateur, on attend qu’il se passe quelque chose. À chaque instant, on craint qu’un élément perturbateur ne vienne rompre l’harmonie. Un peu à la manière d’une relation amoureuse débutante, où l’on appréhende une fin imminente. La jeunesse passe vite, la beauté s’évapore, et les histoires d’amour finissent mal… Les poètes le savent bien. En témoigne ces vers de Lamartine : « Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours ! ». Carpe Diem.