Leah Bartholomew[AUS]

  • Peinture
  • La chronique
Envie de créer un projet avec cet artiste ?
Contactez-nous
08.03.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

« Je pense aux fleurs, qui sont parfaites », ces paroles de Clara Luciani célébrant la beauté florale pourraient sortir tout droit de la bouche de Leah Bartholomew, artiste peintre australienne venue tout droit de l’unique ville de Byron Bay, tout comme Tafmag, de par son autre blaze : The Arts Factory Magazine, est inspiré directement du nom du camping hippie phare de la ville, le Arts Factory Lodge. Bref, les fleurs peuplent les tableaux abstraits de Leah, colorés et joyeux et en sont surtout l’unique sujet. Elle trace à travers elles un journal intime du monde qui l’entoure, de ses souvenirs et émotions.

L’HERBIER 2.0

Leah peint de grandes toiles, vives, toujours optimistes. Rien de sombre, pas de thème engagé, simplement une célébration de la nature, des fleurs et des plantes que la peintre croise sur son chemin. Pour concevoir ses toiles, Leah raconte passer son temps à photographier les fleurs partout où elle va pour réaliser ensuite des collages avec des bouts de papiers déchirés avant de commencer à peindre. Que cela soit lors de son trajet quotidien dans sa ville de Byron Bay ou dans ses voyages plus lointains, elle s’intéresse à chaque fois à la flore locale qu’elle documente minutieusement. « Pour moi, la flore représente parfaitement un pays ou un lieu », explique l’artiste.

Si l’art de Leah reste naïf et abstrait, composé d’aplats de couleurs bruts, et ne s’attachant pas aux détails ou aux ombres, il n’en est pas moins précis. Comme dans un herbier, les différentes fleurs sont reconnaissables à leurs tiges, leurs feuillages, leurs corolles, leur port… On croise des chardons, des chrysanthèmes, des renoncules. Leah veut pousser les gens à accorder davantage d’attention au monde naturel et aux multiples variations de couleurs, évidentes dans son travail. Les fleurs sont représentées, comme dans un collage de Matisse, sur des fonds colorés, toujours assortis à la tonalité des pétales qui évoquent les pages d’un cahier et les buvards d’école. Comme Jean-Jacques Rousseau dans les « Rêveries du Promeneur Solitaire », l’herbier de Leah lui permet de garder, au-delà des fleurs, une trace des impressions ressenties et des jours heureux. Leah livre ainsi sa version moderne et intemporelle de l’herbier, où les fleurs ne faneront jamais et où les émotions d’une journée sont capturées à jamais.