Laura Bonnefous[]

  • Photographie
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05.11.2018

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Avec Laura Bonnefous, la photographie se couple à l’art contemporain. Laura ne vient en effet pas directement du monde de la photographie, mais de celui des arts plastiques. Elle est diplômée à la fois des Beaux-Arts de Paris et de l’école des Gobelins. Elle s’est donc tournée vers la caméra dans un deuxième temps et cet ordre des choses à son importante, il la différencie et impacte son travail. La jeune femme se décrit d’ailleurs comme « artiste plasticienne ».

Matérialisme artistique

Laura Bonnefous fait partie du cercle des photographes qui créent des univers de toutes pièces, ceux qui s’intéressent aux objets, au matériel comme Margaux Hug, Billie Thomassin ou Em Cole. Des artistes aux parcours variés à la fois photographes, peintres et graphistes, qui s’amusent à composer de nouvelles réalités. Laura part d’éléments du réel puis les transcende poétiquement dans des compositions très soignées, graphiques et épurées, très proches d’un tableau. On dit souvent de ne pas s’attacher aux objets mais pour Laura, ils sont sa première source d’inspiration et le sujet principal de ses constructions artistiques. Ce que la jeune femme veut interroger, ce sont les relations de l’homme avec le monde qu’il a créé, avec ses objets et ses créations parfois dépassés. Laura se décrit comme « une amoureuse des objets », et en recréant l’instant dans une « composition idéale » elle veut leur rendre leur beauté. Ses photographies ce sont un peu les célèbres « Mythologies » de Barthes en images.

Laura amène son public vers une forme d’abstraction. Des objets prennent vie sur des fonds colorés dont la couleur bleue rappelle les ciels nuageux de Magritte, c’est à nous de saisir le sens des images. Sa série « Les Choses » fonctionne d’ailleurs tel un cadavre exquis surréaliste, Laura dresse le portrait de Suzette à travers ses objets, ses lieux… Elle pose un regard tendre sur les choses chères à Suzette qui se détachent sur des fonds unis aux tons pastel très doux et apaisants.

La couleur chez Laura est immaculée et ses images rappellent les clichés de mode, presque parfaits et à la pureté intacte, lumineuse. Dans chacune de ses séries, on retrouve une même gamme de teintes, toujours délicates, et les couleurs composent ainsi une série et son histoire. « Les Choses » sont comptées sur un camaïeu de bleu vert splendide et captivant. Son univers à l’instar du singapourien Nguan et sa palette pastel repose notre œil dans un monde saturé de couleurs vives et criardes. C’est une pause apaisée, un espace hors du temps, comme celui offert par Chong Ying Ying et ses espaces transitoires à la blancheur parfaite. Un espace loin de la rapidité du monde, centré sur de petits détails de la vie et isolé de tout par les couleurs. Ces couleurs dignes de Jacques Demy où l’on pourrait voir Angèle évoluer tranquille.