Laura Berger[USA]

  • Peinture
  • La chronique
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24.01.2020

Chronique

par Juliette Mantelet

Comme souvent, Laura Berger raconte avoir toujours peint pour le plaisir. Mais si elle s’est mise à peindre de manière plus quotidienne, c’est à cause (ou grâce) à cette période difficile qu’elle a traversé autour de ses 20 ans. Celle où l’on se demande à quoi va ressembler le reste de notre vie. L’art a été pour elle un élément positif sur lequel se concentrer à ce moment-là. Pour oublier le reste. C’est cette parenthèse que nous essayons chaque jour de vous offrir sur Tafmag, en vous présentant des univers qui nous font du bien et nous emmènent ailleurs.

Après 20 années et son lot d’angoisses, Laura a fait sa place dans le monde de l’art. Elle vit un rêve pour beaucoup, celui d’être une artiste à temps plein. Originaire de Chicago, elle expose dans les grandes foires américaines, de Context Miami au LA Art Show, et dans les galeries de Tokyo à Melbourne. Laura se décrit comme quelqu’un d’empathique et comme une artiste minimaliste qui s’émeut à travers les couleurs, qu’elle choisit toujours flamboyantes.

WOMAN TO WOMAN

Bien sûr, Laura peint la femme. Un motif éternel pour les artistes féminines, surtout en 2020. Elle peint la femme qu’elle est, accompagnée de toutes les femmes de la planète, sans distinction aucune. Toutes unies et toutes sœurs avec leurs peaux orangées inspirées des teintes chaudes et solaires de la Californie où Laura voyage et travaille souvent, leurs cheveux de jais et leur carré court. C’est de la peinture inclusive. Et solidaire. L’expression du moment, « sororité féminine », y est clairement définie avec ces femmes en groupes, parfois par centaines, qui s’entassent, s’imbriquent, s’emboîtent. Tant et si bien qu’elles débordent parfois de la toile et que Laura doit alors les peindre sur les murs, comme pour cet hôtel de Palm Springs. Pour avoir assez de place pour toutes les représenter et leur donner toute la place qu’elles méritent.

Laura mélange de manière nouvelle le figuratif et l’abstrait. Si souvent opposés dans l’Histoire de l’art. Bien sûr, son travail est plus réaliste que celui de Venetia Berry, une autre femme qui peint les femmes, les formes. Chez Laura, la forme féminine n’est pas à chercher et à retrouver, on reconnaît son corps immédiatement. Mais c’est une femme au corps géométrique, cubiste, abstrait à la Picasso. Sur des fonds colorés aux teintes puissantes. Le sujet est réel, l’environnement abstrait. La peintre ne veut pas imaginer les décors, préfère créer des situations plus spirituelles et oniriques. Une nouvelle religion est née : le féminisme.

Ce que Laura défend ? L’art émotionnel. Elle laisse son œuvre à la libre interprétation du spectateur. Veut qu’elle résonne en lui. Regardez, respirez, éprouvez. Et recommencez.