Kate Bellm[GBR]

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17.12.2019

Chronique

par Juliette Mantelet

Un vent de liberté souffle sur notre chronique photo du jour. Quelque part entre Woodstock et Hair, sur le chemin d’un road trip irrésistible. C’est bien simple, Kate Bellm résume ses photos avec ces 3 mots : sexy, libre, sauvage. Son esthétique rock, son noir et blanc rétro et ses portraits de femmes nous ramènent aux années hippies, rebelles, libres. Des années où l’on prônait déjà l’égalité des sexes, l’émancipation des femmes, le pacifisme, la libération des mœurs et la défense de la nature.

GIRLS GIRLS GIRLS

Les femmes de Kate sont sexy, glamours, incroyablement libres. Elles posent les fesses ou les seins à l’air sans se soucier de quoi que ce soit. Les cheveux au vent. Elles assument leur corps et leur féminité. Bref, elles n’ont pas froid aux yeux et nous invitent à nous libérer de nos complexes. « Je trouve une femme tellement plus libre et plus belle sans vêtement. C’est leur vrai moi qui s’exprime », décrit la photographe. Avec sa série Girls, Kate propose aux femmes de « vivre la version la plus créative et sauvage possible de leur vie ». Chacune de leurs postures complétement décomplexées nous crient d’être « young, wild and free », de garder notre âme rebelle. D’être rock’n’roll.

Kate est une sorte d’Helmut Newton féminin des temps modernes. Ce célèbre photographe de mode qui a fait lui aussi du nu féminin sa signature. Kate en parle comme de son maître absolu et par moments se sert comme lui du noir et blanc, ultra cinématographique. Leurs deux univers partagent la mise en avant de femmes puissantes, désirables, à l’érotisme fort. Helmut Newton photographiait les femmes célèbres comme Catherine Deneuve, Kate Moss ou encore Monica Bellucci. Kate préfère immortaliser ses copines, depuis ses 12 ans et ce shooting avec l’une de ses voisines qu’elle trouvait particulièrement jolie. Dans des décors ultra colorés inspirés de David Lachapelle et avec des looks et des maquillages « un peu douteux« , Kate shoote sa première muse. Et raconte : « Lorsque nous sommes allées faire développer les photos nous étions tellement excitées que nous nous sommes assises sur le sol du labo pendant des heures à les parcourir, persuadées que nous avions créé un chef d’œuvre ».

THELMA & KATE

Une esthétique très américaine se dégage aussi des images de Kate. Elles rappellent certains clips de Lana Del Rey, notamment celui de « Ride », au nom symbolique. Grosses voitures aux modèles rétro, bottes et chapeaux de cowboy… Kate reconstitue cette atmosphère mythique de road trip. Synonyme de liberté absolue pour elle qui a grandi dans la grisaille anglaise, scotchée devant sa TV à enchaîner les séries et les films américain. Cette esthétique ricaine, c’est ce qu’elle trouvait exotique à l’époque. C’est pour ça qu’aujourd’hui ses images ont un tel air de films américains. Ses modèles sont les Thelma et Louise de 2019. Elles partent sur la route, quittent tout. Kate possède aussi cette spontanéité incroyable. Elle monte dans une voiture avec ses girls et conduit jusqu’à ce qu’elle trouve l’inspiration. Avec l’usage de l’argentique et du noir et blanc, elle nous renvoie à l’époque de Jack Kérouac, du festival de Woodstock… À ces années rebelles où la jeunesse était en rupture avec le reste de la société. Les femmes de Kate sont libres et sauvages, comme les paysages. Elles se baladent nues dans la nature. La jeunesse aujourd’hui se bouge pour la planète et s’insurgent, à l’image des hippies des années 70.

Toutes les photos de Kate sont à retrouver dans son livre, « Amor », sorti il y a peu.