Jackie Diedam[BRA]

  • Peinture
  • La chronique
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01.07.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Jackie est une jeune artiste ; designer, illustratrice, peintre… Originaire du Brésil, elle vit désormais à Cologne. Son univers est fleuri, léger, girly. Elle est spécialiste du portrait, ce format qui lui permet de garder auprès d’elle les gens qui comptent.

CARPE DIEM

On comprend tout de suite que Jackie est une romantique par les couleurs et les motifs qu’elle met en avant. Beaucoup de rose, des fleurs partout, dans le décor ou sur les vêtements. On l’imagine très bien illustrer des romans de Jane Austen. Cet homme, habillé de façon très élégante, pourrait être son Darcy. Comme chez Ana Hard, Jackie associe le féminin et le rose, produisant des images pleines de douceur et de délicatesse qui font sourire. C’est joli, c’est frais. Jackie se décrit également comme féministe, appréciant le sentiment de sororité. Elle peint les femmes de son point de vue, rappelant que dans l’histoire du genre du portrait, les femmes étaient toujours représentées par des hommes. Elle aime justement changer la donne, montrer à travers son art son admiration et son respect pour les femmes, plutôt que de les sexualiser à tout prix.

Les portraits de Jackie sont tendres, optimistes. Ils ont tous un trait commun : l’importance accordée au regard. La peintre parle même « d’art du contact visuel ». Elle regarde les gens droits dans les yeux, et dit toujours retenir d’un visage le regard. Et c’est ce que l’on retient, à notre tour, dans ses portraits. Tous ses personnages regardent directement le spectateur, le dévisage, à la manière de la si célèbre Joconde de De Vinci. C’est sa touche personnelle, qu’elle qualifie « d’audacieuse ». Les femmes ne nous lâchent pas des yeux, elles sont courageuses, sûres d’elles, libres. Comme chaque femme devrait pouvoir l’être.

Mais si Jackie s’est tournée vers le portrait, c’est aussi pour une autre raison, plus personnelle et intime, révélant une inquiétude plus profonde relative au temps qui passe. En effet, la jeune femme a connu un grand chagrin récemment qui lui a appris à regarder les gens avec plus de sérieux et surtout, lui a donné envie de leur témoigner une certaine reconnaissance pour leur présence dans sa vie. Elle rappelle avec mélancolie que les relations et les êtres sont fragiles, et qu’un risque de les perdre subsiste toujours, sous-jacent. Ses portraits lui offrent donc un moyen concret et artistique de les conserver près d’elle à jamais et d’éloigner les inquiétudes. Et les fleurs qui peuplent ses scènes évoquent alors Ronsard et son poème « Mignonne, allons voir si la rose », ou encore Françoise Hardy et son amie la rose… Carpe diem semble à son tour nous dire Jackie.