J.M. Saponaro[FRA]

  • Photographie
  • La chronique
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25.02.2020

Chronique

par Juliette Mantelet

Notre artiste du jour, Jean-Mathieu Saponaro, est amoureux du soleil et des couleurs d’été saturées. Si l’hiver n’a jamais été aussi doux, conséquence du réchauffement climatique, les couleurs d’été nous manquent toujours et  réchauffent ici immédiatement les corps et les cœurs. Dignes des briques jaunes pétantes du célèbre chemin du film « Le Magicien d’Oz ». Jean-Mathieu retouche et intensifie ses couleurs pour se rapprocher au plus de celles éclatantes de son Sud natal. Cette Provence chérie par les artistes dont il a gardé l’accent chantant. Et qu’il garde toujours en mémoire, qu’il soit à New York ou à Paris.

LES COULEURS

Le bleu turquoise de la mer qui s’échoue dans les Calanques, les ciels sans nuage. Le jaune doré du soleil, du sable chaud ou des tournesols composent la palette de Jean-Mathieu. Car il n’est pas le photographe des gros plans ou du flou, mais bel et bien des couleurs vives. Un coloriste digne de Matisse et de ses toiles du Sud. C’est ce qui regroupe ses clichés, peu importe les lieux. Après avoir vécu à New York et à Paris, il ne rêve que d’une chose, s’installer à Marseille. Une ville « bouillante » qu’il veut redécouvrir, sans s’arrêter aux préjugés. « Après avoir fait le tour du monde, tout ce qu’on veut, c’est être à la maison », chantonne Orelsan.

LA RENCONTRE

La photo est arrivée tardivement dans la vie de Jean-Mathieu. Par un déménagement puis une rencontre. Non, pour une fois, Jean-Mathieu ne photographie pas depuis qu’il est tout petit avec l’appareil de son père ou de sa grand-mère. Il fait plutôt partie de ceux qui ont eu une double vie, comme notre architecte amoureux des lignes droites, Simon Nicoloso. Jean-Mathieu est d’abord « ingénieur développeur », un métier « très très très technique ». Il a fait une école d’ingénieur puis a rejoint une start-up Tech qui se lançait à New York, fondée par des Français. Une belle opportunité puisqu’il a pu passer deux ans et demi dans la Big Apple, pendant lesquels il a découvert sa passion. Grâce à un autre photographe, devenu « un de ses meilleurs potes », Arnaud Montagard, photographe à plein temps qui vit de la photo à New York. Et détient même le Graal, un Visa Artiste. Avec lui, Jean-Mathieu a passé ses week-ends à se « balader dans les rues de New York. » À Brooklyn, surtout. Et dans « tous les petits quartiers possibles et imaginables. Que ça craigne ou pas. » Ils sont aussi partis en road-trip, bien sûr, à plusieurs reprises même. Au départ, Arnaud photographiait, Jean-Mathieu accompagnait. Et à force de faire « des voyages plutôt cool », Jean-Mathieu s’est tout simplement dit qu’il aimerait bien ramener « des clichés un peu plus conséquents que ceux d’un téléphone. » Arnaud l’a conseillé sur le choix de son premier appareil et le voilà mordu. C’était il y a trois ans. Aujourd’hui, il expose en solo dans son Sud natal, à Aix-en-Provence. Le titre de son expo, solaire : « La palette du photographe ». Il a même eu les honneurs d’un article de « presque une page entière » dans le journal La Provence.

LE SUD

Ses photos et sa pratique, Jean-Mathieu prévient tout de suite, « dépendent de la météo ». Il veut des couleurs et du soleil. Pas étonnant pour un provençal. Comme de nombreux photographes du Sud expatriés à Paris – Diane Sagnier, Quentin Simon et tant d’autres -, Jean-Mathieu a besoin du soleil dans ses images pour contrer la grisaille. Le soleil lui manque, d’où ses couleurs ultra saturées et solaires. Retouchées, intensifiées, amplifiées pour retrouver la chaleur plaisante du Sud. Comme disait Baz, notre maître de la post-prod, « Les couleurs sont là pour que les photographes les fassent ressortir ». Jean-Mathieu approuve, c’est sûr. « Si les gens peuvent dire que ‘ça fait du bien’ en regardant mes photos, c’est gagné. »

Dès qu’il y a un rayon de soleil, J.M sort son appareil qu’il a toujours dans une poche de sa veste. Et photographie sur le chemin du boulot ou pendant sa balade entre midi et deux. Il immortalise les petits détails dans des angles inventifs. Pensés et repensés cent fois pour ne rien gâcher de la pellicule argentique, bien coûteuse. Il privilégie les focales fixes, sans zoom, qui l’oblige à avancer ou à reculer. Ce qu’il cadre : « Les couleurs qui m’attirent, une ombre qui a un effet un peu sympathique, une scène un peu bizarre. Quelque chose qui me fait marrer ou me surprend ». Comme les ongles roses manucurées d’un brave toutou. Le schoolbus jaune est gentiment rangé derrière les barbelés. Jean-Mathieu nous emmène en voyage. Et avec lui, « on se barre en vacances ».