Hester Finch[GBR]

  • Peinture
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13.09.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

L’art féministe, ce n’est pas que du rose, des poils et des paillettes. C’est aussi aborder les thèmes douloureux, comme le fait l’anglaise Hester Finch avec ses femmes sans tête, emprisonnées dans leur domicile, devenu néfaste. Une découverte qui nous a bousculées à la dernière London Art Fair. Sa source d’inspiration : Lee Krasner. Cette peintre américaine qui a passé sa vie dans l’ombre de son célèbre mari, Jackson Pollock. Qu’elle soit physique ou mentale, la violence faite aux femmes parcourt les médias, les rues, comme l’œuvre d’Hester.  

ÊTRE UNE FEMME

Hester peint des femmes nues. Dans « A Portrait of The Artist as a Young Woman », elle présente une forme d’autoportrait permanent, fruit de ses propres réflexions sur son statut de femme. Si ses toiles semblent joyeuses à première vue par les couleurs intenses qui les habitent, jaune criard, bleu roi, elles cachent en fait une réflexion tourmentée sur la féminité. Car depuis qu’elle est devenue femme mariée et mère, Hester ne se perçoit plus véritablement comme une jeune adulescente insouciante. Ses peintures évoquent ce cap redouté de la trentaine et son lot de responsabilités, perte violente de légèreté. Et  Hester décline en boucle cette figure de femme sans tête, assise dans un intérieur chatoyant, irréel, perturbant. La femme décapitée croise les bras, avachie, tassée sur son fauteuil. Elle attend. Une ombre menaçante l’accompagne toujours. Hester veut ainsi aborder la colère, la frustration et l’ennui qui habitent les femmes. Et surtout, en décapitant ses figures, représenter la violence insidieuse qui les entoure. Celle du harcèlement de rue, de la différence salariale, du sexisme, des dictats esthétiques, de la violence conjugale… Une réalité haute en couleurs.