Frea Buckler[GBR]

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24.05.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Frea Buckler est une artiste britannique, dont les œuvres abstraites, géométriques et colorées sont immédiatement reconnaissables. Elle a étudié à Londres et vit désormais à Bristol. Son art se compose de formes colorées, assemblées ensemble, selon le hasard seul et ses intuitions. Ses œuvres intriguent et éblouissent par leurs couleurs brutes, directes, éclatantes. Des couleurs pop, positives et dynamiques. Impossible de détourner le regard, les toiles de Frea vous prennent pour de bon.

DES FORMES ET DES COULEURS

Les toiles de Frea sont très minimalistes mais elles marquent au premier coup d’œil. Elles sont composées de formes géométriques recouvrant toute la toile, une forme par tableau, déclinées dans des couleurs pétantes, explosives, une par forme, comme ce magenta qui imprime la rétine. Le minimalisme de Frea est apaisant avec ces couleurs, ces formes, bien nettes et précises. Les couleurs lumineuses et audacieuses nous attrapent, ces formes géométriques intriguent, on tente de comprendre, chacun pose son interprétation.

La forme et la couleur sont reines chez Frea. Elle s’intéresse à toutes les formes qui existent sans distinction : triangle, rectangle, carré… Aucune n’est délaissée. Elle accorde une toile à chacune d’elle pour une plus grande harmonie visuelle. Pour les imaginer, Frea s’inspire d’objets de la vie de tous les jours, comme les coins des portes, certains meubles ou encore des détails décoratifs. L’artiste mêle ces formes de manière désordonnée, les associe de manière libre et non réfléchie. Tout son travail se base sur cette liberté artistique, laissant libre cours au hasard, aux échecs, mais offrant aussi des possibilités infinies. Frea utilise justement le biais de la pure abstraction géométrique comme un moyen pour réfléchir aux interactions de couleurs, s’interroger sur les liens entre les formes. Comme pour les formes, elle unie les couleurs de manière instinctive, jouant pleinement la carte de l’expérimental. Un rose fushia, omniprésent, dialogue avec un bleu Klein, puis rencontre un jaune pétant. Le tout adouci par du noir, toujours présent en petites touches. Frea ne respecte pas la règle des trois couleurs maximums mélangées ensemble, elle associe ce qui lui plaît, sans code. Son travail devient une sorte de terrain de jeu où la peintre réfléchit aux liens entre les constituants de notre univers.

LES ORIGAMIS DE FREA

Son travail évoque celui de la peintre cubano-américaine Carmen Herrera. Frea poursuit cette même vocation de simplicité formelle et de puissance de la couleur. « Ma quête est pour la plus simple des résolutions picturales », décrivait Carmen Herrera. Une phrase qui pourrait coller au travail de Frea. Les lignes sont nettes, les plans clairs. Certaines toiles suggèrent aussi les compositions de Mondrian, qui se trouveraient décomposées, leurs petits carrés éparpillés et à remettre dans l’ordre. Les œuvres de Frea sont des jeux visuels offerts au spectateur, des puzzles de la vie à reconstituer mentalement et propres à chacun. Ces formes variées, désordonnées, mises à plat donnent immédiatement envie à l’œil de recréer une sorte d’origami, de les recomposer dans une forme plus familière. Comme si Frea dessinait à plat et à l’infini le plan d’un cube en papier à fabriquer.

Les toiles présentées sont toutes extraites de la dernière exposition de Frea, intitulée « Polychrome ». Elle est en cours actuellement à Londres, dans une galerie de Shoreditch jusqu’au 26 mai.