Faustine Badrichani[FRA]

  • Peinture
  • La chronique
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05.04.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Comme beaucoup de peintres et illustratrices de notre époque, Faustine Badrichani, artiste française installée à New-York, a fait des femmes sont sujet de prédilection. Plus précisément, le corps nu des femmes, ce corps généreux, harmonieux, capable de la vie, qu’elle représente dans des couleurs variées, notamment un bleu cobalt intense qui parcourt son œuvre. Artiste plurielle, Faustine peint aussi bien sur papier que sur de grandes toiles à la peinture à l’huile, elle sculpte, élabore des collages…

PéRIODE BLEUE

Les peintures de Faustine sont simples, naïves. Une femme habite tout l’espace de la toile avec ses fesses, sa poitrine, ses jambes. Faustine les dessine dans une seule et même couleur, sur un fond neutre le plus souvent. Leur corps, recroquevillé, entrelacé, dans une position à la fois d’abandon et de repli, s’apparente à certaines sculptures de Rodin. Faustine joue avec ces aplats de couleurs pour donner l’illusion d’un manque de profondeur. Les tracés et les contours ont disparu, seule la forme de la femme délimite le plein ou le vide, comme une sculpture sortie du marbre… À nouveau, l’œuvre de Faustine nous évoque instantanément Matisse et sa célèbre « période bleue ». La jeune artiste admire chez lui sa façon de « simplifier la peinture, d’aller à l’essentiel ». Comme Matisse, Faustine désire décompliquer. C’est pourquoi elle fait le choix du bleu, véritable palette à part entière. Cette couleur « froide » qui lui évite de tomber dans la sensualité et qui, réchauffé par les courbes féminines, devient éclatant et envoûtant. Le bleu qui invite surtout à l’abstraction, au voyage et à l’universel.

FAUSTINE & SES DRÔLES DE DAMES

C’est surtout le corps, toujours nu, qui intéresse Faustine. Elle choisit de ne jamais préciser le visage de ses modèles. Cette simplicité permet de créer du mystère autour de ces figures féminines et surtout, de donner une universalité forte à son travail. Ces femmes peuvent appartenir à de nombreuses époques, venir de n’importe quel lieu dans le monde, là n’est pas l’important. Sans visage précis, et avec ce bleu superbe qui les recouvre, elles sont toutes égales, unies par la couleur. La peintre ne tend pas à représenter une femme en particulier, mais plutôt une idée, l’idée de la femme. « Je ne veux pas que l’on me demande qui c’est », précise-t-elle. Comme dans un roman, c’est au public d’inventer l’histoire de ces femmes, d’imaginer leurs visages… Faustine a commencé à peindre la femme après avoir eu son premier enfant et souhaite donc avant tout rendre hommage à la puissance créative du corps féminin. Son message aux femmes : « Vous êtes belles, vous êtes fortes, osez ! ». Essentiel.

Faustine est exposée jusqu’à la fin du mois dans la galerie Esther & Paul, 14 rue du Château-d ‘Eau.