Evans Mbugua[]

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26.10.2018

Chronique

par JULIETTE MANTELET

C’est au cours d’une déambulation dans l’African Art Fair de Londres, que nous sommes tombées sur le travail d’Evans Mbugua, bel hasard d’un dimanche après-midi. En entrant dans la salle consacrée à sa galerie, les couleurs pop de ces tableaux nous ont immédiatement captivées. Des toiles pleines de vie et de dynamisme, un Pop art moderne et empreint de la beauté de la diversité.

L’Andy Warhol de Nairobi

Impossible de ne pas penser au si célèbre maître du Pop Art, Andy Warhol en contemplant les œuvres d’Evans, artiste plasticien venu de Nairobi. Lui aussi décline en série ses portraits haut en couleurs sur des fonds bleu, rouge ou rose flashy… Et comme pour Andy Warhol, on peut reconnaître immédiatement sa patte sur chaque déclinaison. Evans dresse le portrait des hommes et des femmes qu’il rencontre, qu’il croise, aux tenues urbaines et tendances. Des gens heureux, énergiques, plein de vie. C’est l’humain qui est au cœur du travail d’Evans et surtout l’identité de chacun.

La subtilité de son travail réside en effet dans la composition de ses toiles, véritables assemblages visuels. Certains retiendront avant tout les petits motifs répétés et stylisés qui en tissent la toile de fond. Des pictogrammes connus de tous qu’Evans repère en fait dans les grandes villes qu’il parcourt. Il se décrit d’ailleurs lui-même comme un « recycleur graphique ». D’autres seront plus attirés par le portrait en tant que tel, réalisé sur une plaque de Plexiglas. Le portrait d’hommes et de femmes africains aux tenues chatoyantes et aux coiffures traditionnelles. Ce processus de superposition rappelle aussi l’autre roi du Pop art, Roy Lichtenstein et ses tableaux bande-dessinée sur lesquels il venait ajouter les « dots Ben-Ray« , de gros points de couleurs venant brouiller le sens.

Un peu comme à l’époque du pointillisme, il faut donc plisser les yeux pour tout saisir des toiles de Evans et pour appréhender les deux parties du tableau et ainsi aller plus loin dans leur interprétation. Pour l’artiste, ses toiles composées de deux visages distincts sont une métaphore du fossé entre l’apparence et la réalité qui subsistent chez chacun d’entre nous. Ces facettes multiples qui constituent chaque être humain, pas toujours faciles à déchiffrer au premier regard, comme ses toiles.