Éloïse Heinzer[FRA]

  • Illustration

Chronique

Le 16.12.2019 par Juliette Mantelet

C’est le feutre qui a permis à Éloïse de trouver son style. Elle a eu un vrai déclic avec ce medium avec lequel elle dit « se sentir bien ». Le feutre lui offre la possibilité de croquer sur le vif le tourbillon des rues parisiennes, sa plus grande inspiration. Et il lui a permis aussi de trouver sa marque de fabrique, ce bleu Éloïse, assez foncé et très vif, entre Matisse et Klein. Éternelles inspirations.

SOUS LE CIEL DE PARIS

L’illustration apaise Éloïse. Elle se concentre sur les petits détails, les motifs et se détend. Son art est minutieux. À rebours du minimalisme très épuré en vogue actuellement qui réduit les scènes au strict minimum. Dans ses illustrations chaque détail architectural est reproduit : arrondi des fenêtres, pavés des rues, antennes de télévision… Les oiseaux, les nuages et les étoiles envahissent le ciel de Paris.

Paris, la ville lumière à laquelle Éloïse rend hommage. Elle dessine ses bâtiments historiques, son architecture Haussmannienne si caractéristique… Se balade toujours avec un carnet et fait des croquis de la vie et la ville autour d’elle. « Ça vit, ça fourmille, il y a plein de choses à faire et des gens partout », s’exclame-t-elle. Elle représente les femmes de Paris, toujours élégantes. Avec un petit côté rétro qui nous rappelle le Paris des Années Folles, du music-hall et des Folies Bergère. Comme cette femme aux bas qui se regarde dans son miroir. Elle s’inspire aussi de la diversité parisienne : dessine des femmes de toutes les morphos et de tous les âges. Des femmes normales.

La jeune artiste poétise le quotidien. Elle le sublime en y ajoutant une part de magie et de fantaisie, doucement surréaliste. Comme avec ce soleil rouge ou cette femme à la peau rouge sur ciel étoilé. Éloïse s’amuse des oppositions de couleurs. Joue sur les duos : rose et bleu, rouge et bleu. Elle aime justement ce feutre bleu qui s’associe à tout. Et crée un rendu en bichromie ultra efficace. Le bleu est à la mode. Et tant mieux, car toujours il nous charme, des linogravures de Marion Livran au Paris de Deborah Desmalda et d’Éloïse. Pour cette dernière, c’est le bleu de ses voyages, virtuels ou réels, entre faïences chinoises et azulejos portugais… En bleu, Paris est magnifique.

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