Deborah Desmada[FRA]

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  • L'interview
Procurez-vous dès maintenant l'oeuvre de l'artiste sur notre galerie d'art en ligne !
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25.11.2019

Interview

par JULIETTE MANTELET

Deborah Desmada est notre nouvelle artiste représentée sur notre boutique en ligne pour la sélection de Noël ! Filez découvrir ses oeuvres réalisées en exclusivité pour Tafmag.

Passionnée par l’architecture, celle de Paris, sa ville de toujours, et celle de l’Antiquité, quelque part entre l’Italie et la Grèce, Deborah se penche surtout sur les lieux de sa mémoire. Qu’elle a gardés au fond d’elle et qu’elle réinterprète en dessin. Cette piscine parisienne bien connue, cette terrasse de resto, cet immeuble si caractéristique de la ville lumière… Tant de lieux habités, croisés, mémorisés desquels se dégage une nostalgie réconfortante. Comme une version illustrée du « Spleen de Paris » de Baudelaire. Ses lieux familiers chargés d’émotions et de souvenirs, Deborah les embellit et les sublime par ses couleurs flamboyantes et son bleu Klein profond, superbe, mélancolique.

Pour nous, c’est le coup de cœur. Et comme on aime bien partager, on vous conseille ce cadeau de Noël parfait ! Pour la connaître un peu mieux (avant de succomber), et comprendre le pourquoi du comment de ses sphères colorées qui peuplent son travail, on vous laisse en compagnie des mots de Deborah : des autoportraits de son enfance à son obsession du moment pour… les escaliers.

L’ILLUSTRATION, UNE VOCATION ?

Depuis toujours, mais j’ai eu plusieurs vies avant. Je viens d’une famille d’artistes, mon père est artiste peintre et depuis mon enfance cet univers et cette liberté me fascinent. J’ai toujours dessiné. J’ai été formée aux Beaux-Arts de Paris dans un premier temps, puis je me suis orientée vers la mode. Ce sont deux univers différents dans l’approche artistique mais qui se rejoignent de manière manifeste. Enfin, j’ai travaillé dans le graphisme, la Direction Artistique.

Quel a été le déclic POUR T’Y LANCER à PLEIN TEMPS ? 

Il y a peu de temps en fait. J’ai toujours travaillé dans le secteur culturel, mais j’avais toujours l’impression d’être brimée dans mon expression et mes idées. J’avais besoin de me retrouver et de me sentir à nouveau maître de mes choix, de vivre une vie qui me ressemblait. J’ai tout arrêté pour me consacrer corps et âme à la réalisation de mes illustrations. Et depuis, tout me sourit !

Tu te souviens de tes premiers dessins ?

Oui ! J’ai toujours aimé embellir la réalité. Enfant je réalisais beaucoup d’autoportraits dans des lieux imaginaires et surréalistes. J’ai toujours été rêveuse et mes dessins me permettaient d’accéder à ces rêves, de leur donner vie. Le dessin est très thérapeutique et si on sait lire entre les lignes, il révèle tous les secrets de l’artiste.

Ton style, tu le décris comment ? 

Mon univers est coloré, mystique. J’aime mélanger les styles. Architecture contemporaine, haussmannienne et antique. Il est né de mon imaginaire et de l’amour que j’ai pour les voyages, l’architecture, les impressions que les lieux me laissent. Ces ambiances créées par les gens qui les habitent et cette sensation de « déjà vu » et « de déjà vécu » qu’un lieu inconnu peut nous laisser.

D’où vient ton intérêt pour l’architecture ?

Un lieu et son architecture possèdent l’empreinte du passé, c’est ce qui lui donne vie et ce qui laisse un ressenti de cet endroit. Ce sont ces petits ou grands morceaux d’histoire qui façonnent le lieu et que je traduis dans mes dessins. J’aime les paysages, qu’ils soient urbains ou naturels et l’impact émotionnel qu’ils ont sur les spectateurs.

Qui sont les peintres, les artistes qui t’inspirent ? 

Mon père bien évidement ! J’aimais me faufiler dans son atelier en cachette pour admirer ses toiles. Sinon tout ce qui m’entoure… Je découvre des lieux, des artistes, des architectes, des céramistes tous les jours sur la toile, très inspirants. Et pour être plus précise : pour les couleurs André Derain, pour mes compositions une exposition, « Les Nabis et les décor », Matisse pour ses éléments simples et reconnaissables, Dalí pour le surréalisme, et toutes les statues gréco-romaines du Louvre.

Que représentent ces sphères colorées que tu places dans chacune des tes illustrations ? 

Les sphères colorées représentent le vide. Il n’y a pas de représentation humaine dans mes illustrations. Ces sphères se baladent telles des âmes errantes, elles remplissent le lieu tout en gardant cette sensation de lieux inhabités. Elles me rappellent une vieille série des années 1960  »Le Prisonnier » ou une sphère blanche apparaissait dans le décor de façon énigmatique.

« Enfant je réalisais beaucoup d’autoportraits dans des lieux imaginaires et surréalistes. »

D’où vient ton amour pour l’antiqué et la mythologie ?

En tant que vraie parisienne, j’aime l’architecture de cette ville qui mêle ornementations, romantisme, statues et moulures que l’on retrouve dans l’architecture haussmannienne et cette influence antique ou gréco-romaine que l’on ressent à Paris ou en Italie et en Grèce. J’aime les détails de cette architecture, les sculptures, les représentations romantiques et l’histoire que tout cela représente. J’aime cette mélancolie que le passé nous rappelle, tous les mythes générés par cet univers qui met notre imaginaire à contribution. J’affectionne particulièrement le côté mystique de cette période, les mythes et le symbolisme qui en découlent. J’aime cacher des histoires qui me sont propres dans mes dessins. Des lieux où j’ai vécu des histoires, des rencontres, des joies, des peines.

PARIS, Ton GRAND AMOUR ?

J’aime cette ville puisqu’elle est mienne, j’ai grandi à Paris, je l’ai vu évoluer et en réalité, c’est aussi par un certain désamour de la capitale que mon inspiration est venue, j’avais envie de retomber amoureuse de ma ville, en l’imaginant plus colorée, plus vivante et plus changeante. Lui redonner plus de vie et de végétalité.

QUEL élément architectural pourrais-tu dessiner en boucle ?

Bizarrement les escaliers, c’est devenu une obsession, j’en rêve même la nuit ! il faudrait voir ça avec un psy, je pense qu’il serait plus à même d’identifier cette lubie.

« C’est aussi par un certain désamour de la capitale que mon inspiration est venue, j’avais envie de retomber amoureuse de ma ville. »