Blandine Lamy[FRA]

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  • La chronique
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11.02.2019

Chronique

par JULIETTE MANTELET

Départ pour le bord de mer avec les illustrations ensoleillées de Blandine Lamy. Au lieu de prendre des vitamines pour surmonter l’hiver, plongez-vous un moment dans ses dessins et admirez ses juxtapositions de formes colorées. Blandine est une grande voyageuse. Elle a grandi au Pays Basque, mais a aussi fait le tour du monde et a vécu, entre autres, quatre ans en Afrique. Son art rend hommage autant à sa région natale qu’au continent africain et ses couleurs chaudes. L’artiste prône d’ailleurs la couleur comme remède à la morosité : « Les couleurs ça embellit une pièce, un lieu mais aussi une journée ! »

VIRéE à GUéTHARY

Le style de Blandine évoque celui de Marie Doazan. Les deux illustratrices utilisent des aplats colorés et des clins d’œil astucieux pour composer les paysages du Sud Provençal ou du Sud-Ouest. Un bel hommage illustré aux régions de France, prouvant que l’on n’a pas toujours besoin de partir à l’autre bout du monde pour s’évader. « Les paysages au Pays Basque sont magnifiques ; je peux rester des heures devant la mer juste à regarder les vagues. Ce sont toujours les mêmes lieux mais jamais le même paysage. Les vagues sont toujours différentes, les couleurs du ciel aussi, les gens qui passent… » décrit Blandine. Une planche de surf, le nom d’un bar, quelques barques, les volets typiques de la région et nous voilà à Guéthary, prêts à prendre la vague.

Blandine représente les paysages comme les baigneuses uniquement par le biais de ses formes colorées et décrit son style comme un mélange entre « abstraction et figuration ». Ce qui l’intéresse c’est le beau et les couleurs. Les paysages et les personnages sont reconnaissables mais entièrement composés de teintes vives, sans détail ou précision, juste joyeux et lumineux. Par exemple, cette baigneuse sur fond rouge, dont nous ne voyons que le dos, le joli maillot de bain rayé et la chevelure noire comme une tache sur une palette. Les coloris sont choisis avec attention, pour chaque scène il n’y a jamais plus de trois ou quatre teintes, ce qui compose une unité visuelle très nette et lumineuse. La petite touche de Blandine, ce sont ces contours blancs qu’elle rajoute autour de chaque aplat. Chaque élément est construit par des formes de couleurs unies mais ces dernières ne se touchent pas. Pour Blandine, ces espaces blancs donnent un « côté non fini » à ses œuvres qu’elle trouve intéressant. Ce contour blanc est devenu son signe distinctif, permettant de bien distinguer chaque ton et qui, loin d’atténuer leur force, les fait ressortir et les intensifie. Comme ce bleu digne d’Yves Klein qui sert de fond à cette baigneuse.

le temps est bon, le ciel est bleu

Blandine aime se concentrer sur « les belles choses ». Ses dessins sont naïfs et tendres, prônant l’amour ou célébrant la mer et le soleil, les petits bonheurs simples. Elle l’affirme effrontément : : « Je vois la vie en couleurs » et veut avant tout transmettre à son public une envie d’évasion. « L’évasion », ce mot revient aujourd’hui souvent dans la bouche des artistes, illustrateurs, photographes ou chanteurs. Blandine se dit inspirée par un artiste comme Quentin Monge et rejoint par ses traits colorés et schématiques toute une vague de l’illustration, naïve, heureuse et colorée, composée d’artistes comme les sœurs Sorlet, Mügluck ou encore Marie Guillard. Ces artistes qui font le choix de la légèreté de la forme pour proposer un monde illustré plus gai dans lequel plonger quand le monde réel devient trop compliqué et les unes des journaux trop sombres. C’est ainsi que nous vient l’envie de chanter Isabelle Pierre à nouveau : « le temps est bon, le ciel est bleu » et puis c’est tout.