María Luque[ARG]

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María est une jeune peintre et illustratrice argentine, vivant actuellement à Rome. Dans ses tableaux elle croque des scènes de la vie et des intérieurs chaleureux et colorés qui rappellent les ambiances du Sud. Les clins d’œil y sont nombreux, notamment aux artistes qu’elle admire, et ses traits vifs et anguleux lui permettent de ne négliger aucun détail.

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25.06.2018

Chronique

par Juliette Mantelet

Appartements portes ouvertes

La jeune illustratrice raconte qu’elle dessine depuis si longtemps qu’elle ne se rappelle même plus vraiment quand elle a commencé. Elle ajoute qu’elle peint aujourd’hui un peu de la même manière que lorsqu’elle était petite. María aime dessiner avec ses amis et s’inspire de leur vie ou de la sienne pour créer ses oeuvres. Ses lunettes rouges s’attardent d’ailleurs nonchalamment dans les appartements qu’elle esquisse de ses pinceaux. Pour dessiner, elle mélange joyeusement les techniques et les matériaux, passant aussi bien des crayons de couleurs aux marqueurs, que de la gouache à l’aquarelle.

Ses dessins donnent à voir des intérieurs chaleureux, colorés et surtout très décorés : une chambre, une salle à manger, une bibliothèque. Cela rappelle l’art des pays d’Amérique Latine ou l’ambiance d’une journée d’été dans un salon toutes fenêtres ouvertes, quand le temps semble s’être arrêté sous la chaleur. On pense en les regardant à certaines toiles de Matisse, comme le si célèbre « La Fenêtre ouverte à Collioure ». Les tons rouges et roses dominent aussi dans l’univers de María.

Dans ses dessins, les clins d’œil sont nombreux, notamment aux peintres et aux artistes qu’elle adore. Une toile de David Hockney se cache dans une des scènes, plus loin c’est un livre sur Renoir. Ce qui impressionne dans ses illustrations, c’est justement la précision des traits et la minutie avec laquelle María imagine tout, jusqu’au titre du moindre livre présent dans ses intérieurs imaginés et jusqu’au ventilateur encore branché dans la prise. Elle donne toute son attention aux décors et aux objets, les humains eux sont délaissés, dessinés avec naïveté et fugacité.

Les scènes regorgent de détails, rien n’est laissé au hasard. Chaque pièce pourrait prendre vie ou devenir un décor de cinéma pour un film d’Almodóvar puisque María en conçoit chaque meuble, chaque tableau et chaque accessoire de ses traits fins et aiguisés aux couleurs vives. Ce sont des appartements musées où il serait impossible de relever toutes les références artistiques. Son trait hachuré et rapide, loin de la rondeur qui semble être en vogue en ce moment dans le monde de l’illustration, donne à son monde artistique toute son originalité.