Aitor Lorenzo[ESP]

  • Photographie
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11.02.2020

Chronique

par Juliette Mantelet

Un peu à la manière de Baz, Aitor publie ses images sous un pseudo, imprononçable, Yasenotaelgym. Lui non plus n’est pas photographe professionnel. Il est artiste, mais ne vit pas de son art. Ses photos amusantes et surréalistes de road trip nous ont tapé dans l’œil sur Instagram. Et c’est aussi ce qu’on aime sur ce réseau : sa capacité à nous faire découvrir des talentueux inconnus en démocratisant la photo. Les selfies du jeune homme, les portraits de sa compagne et ses vidéos de skate peuplent son feed assez perso. Allez, on part à la rencontre d’un artiste qui ne sait pas rester en place.

EN MOUVEMENT PERMANENT

Aitor a la bougeotte. Il est né à Barcelone. A déménagé à Hondarribia, dans le nord de l’Espagne à l’âge de 2 ans. Juste en face d’Hendaye et de la France. « Un endroit vraiment agréable et doux pour grandir ». Puis il est revenu à Barcelone avant de rebouger à San Sebastián il y a peu. Mais dans un mois, il fera à nouveau ses cartons pour la Galice, au-dessus du Portugal. Il aime la petite taille de San Sebastián qui lui permet de connaître tout le monde. La proximité de sa ville natale pour retrouver ses copains. Les photographes, les musiciens, les tatoueurs… Et puis les plages bien sûr. La montagne et la France tout près. S’il bouge à nouveau, c’est pour ne pas s’ennuyer et ne plus voir chaque jour la même chose. Recommencer à nouveau la découverte. C’est aussi pour ça qu’il voyage. Pour documenter les ordinaires d’ailleurs. « Tout ce qui a l’air différent ». Tout ce qu’il n’a pas l’habitude de voir chez lui et qu’il a pu voir dans les films. D’où ce road trip de 17 jours à travers trois états des États-Unis dont les photos peuplent son compte Instagram. Son premier « grand road trip ». Une expérience qu’il lui tarde de recommencer. Il recommande quand même de choisir les bonnes personnes avant de s’embarquer. La route c’est l’aventure. Aitor se souvient de sa camionnette qui a quasi rendu l’âme en plein désert, dans le parc national de la Death Valley.  « Il n’y a rien là-bas, littéralement rien. Juste du sable. Et c’est l’endroit le plus chaud sur terre. On a un peu paniqué », s’amuse-t-il aujourd’hui.

Les images d’Aitor sont le reflet de ce voyage initiatique, à des milliers de kilomètres de chez lui. Si son style n’est pas encore très défini, on comprend vite que le jeune artiste aime photographier les routes, les panneaux, les paysages et « les gens qui font des trucs bizarres ». Il immortalise les petits détails rigolos et insolites d’un œil affuté. On croise dans ses photos beaucoup de bizarreries. Un diner mexicain nommé Escobar, OKLM. Un dinosaure qu’on croirait tout droit sorti de Jurassic Park. Casual Une armée de touristes à casquettes et caméras. Classic. Aitor prévoit d’ailleurs bientôt « un grand projet » autour de ses photos d’humains. Aventure(s) à suivre.